Namur: une nouvelle zone touristique en bord de Meuse ?

Entrée principale de la caserne, Jambes
Entrée principale de la caserne, Jambes - © Bia Bouquet

Une nouvelle zone touristique verra t-elle le jour sur la rive droite de la Meuse à Namur, à hauteur de l'île Vas-t'y Frotte ? C'est ce qui semble se dessiner depuis que le gouvernement fédéral en affaires courantes a autorisé, début février, la mise en vente de l'ancienne caserne militaire de Jambes. Le "Quartier 1er Lieutenant De Wispelaere", sa dénomination officielle, abritait l'école du Génie depuis 1947. Les militaires avaient déjà quitté les lieux fin 2018 pour rejoindre leurs nouvelles infrastructures à Amay, en région liégeoise.

La Ville pose ses conditions

Près de 9 hectares de terrain situés à un jet de pierre du centre urbain, en bord de Meuse; c'est peu dire que ce bien assez inhabituel a de sérieux atouts à faire valoir sur le marché immobilier et de quoi aiguiser l'appétit des promoteurs. La Défense n'a pas souhaité communiquer l'estimation financière réalisée par le Service Public Fédéral (SPF) des Finances, mais la Ville de Namur, qui suit ce dossier avec attention, évalue le prix de vente entre "10 et 14 millions d'euros".

"La Ville n'a nullement l'intention d'acheter ce terrain" précise d'emblée le bourgmestre Maxime Prévôt, "ce sont des budgets dont elle ne dispose pas". Ceci étant, la Ville exercera son droit de regard sur le site et veillera à ce que ses conditions soient bien respectées : "La Ville a déjà arrêté il y a un an et demi des lignes directrices destinées à un opérateur privé, quel qu'il soit, afin de lui faire connaitre les intentions de la Ville : le nouveau quartier qu'elle souhaite voir s'ériger à cet endroit, en contact avec l'habitat existant, avec de nouveaux espaces publics, avec de la verdure à intégrer... La volonté c'est bien d'accompagner le futur projet en balisant nos attentes, pour ne pas faire tout et n'importe quoi.

Surtout, La Ville de Namur entend récupérer la bande de terre située directement au bord du fleuve : "La volonté est d'éviter l'édification de bâtiments de style 'Blankenberge' pour pouvoir, au contraire, préserver le paysage mosan et profiter de cet accès privilégié sur la Meuse pour y développer des activités de loisirs nautiques ou touristiques. Nous comptons utiliser le mécanisme des charges d'urbanisme pour imposer la rétrocession de cette zone au bénéfice de l'usage public." Quels types d'activités ? Les choses doivent encore être précisées, selon le bourgmestre: "Il y a pas mal d’événements sportifs qui ont besoin de cette zone, je pense a des triathlons par exemple, on veut vraiment privilégier tout ce qui est en lien cohérent avec le fleuve, il n'y pas de projet ficelé à ce moment mais il y a, en tout cas, une intention très claire".

De quoi refréner les ardeurs des candidats qui ne pourront donc pas vendre, au prix fort, le panorama et la proximité du fleuve à leurs clients potentiels. La Défense ne se fait d'ailleurs pas d'illusions, elle s'attend à ce que ces exigences émises par la Ville aient "des conséquences sur le prix de vente".

Vers une prolongation de la Croix-Rouge ?

Depuis le départ de l'armée, le site est devenu un centre d'accueil de la Croix-Rouge où sont hébergés de manière provisoire environ 300 demandeurs d'asile. L'occupation doit prendre fin normalement le 31 juillet 2020, mais il n'est pas exclu qu'une prolongation de quelques mois puisse être négociée, comme l'explique Evelyne Dogniez, la directrice des centres d'accueil de l'ONG : "Si on regarde la situation de manière globale, on reste dans un contexte tendu au niveau de l'accueil, nous manquons de structures en Wallonie. Nous restons attentifs au dossier de la caserne de Jambes et, en fonction de la façon dont il évolue, nous pourrions entamer une discussion avec les parties concernées, tout cela est à voir dans les prochains mois". 

 

 

 

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