Namur: un projet de camping social avec accompagnement

Caravanes sociales
Caravanes sociales - © RTBF-Christine Pinchart

Gérard Jacob et son ASBL "Une main tendue" tendent la main une fois de plus, en essayant d’offrir un logement à un prix raisonnable, pour les SDF.

Le problème majeur, c’est le prix du logement normal, précise Gérard Jacob. "Quand tu as 700 euros par mois et que tu dois sortir 450 euros de loyer, comment veux-tu joindre les deux bouts".

Le logement en camping, dans une caravane, serait une solution pour les petits salaires. "Si on compte une moyenne de 250 euros par mois, charges comprises, on peut autogérer la structure. Maintenant il faut organiser cela, dans le cadre d’une formation de base : apprendre à la personne à faire une lessive, à gérer son logement, à l’entretenir…"

"Il faut aussi veiller à ce qu’elle apprenne à gérer ses finances. Un médiateur de dettes c’est bien, mais ça fait tout à la place de la personne et elle n’apprend rien. Quand il n’y a plus de médiateur, il n’y a plus de gestion, parce que le SDF n’a eu aucune notion de ce qu’il avait à payer chaque mois".

"Ce que je souhaite, c’est mettre le projet en place avec eux, et avec les intervenants qui peuvent les aider, pour éviter comme je l’ai déjà vécu, de revoir des personnes après 4 expulsions".

Aujourd’hui Gérard Jacob cherche un terrain, à proximité du centre de Namur, pour installer une trentaine de caravanes. Cela permettra de faire face à la demande dans un premier temps, sachant que le nouvel abri de nuit du Boulevard du Nord, ne sera pas prêt pour l’hiver prochain.

"Il y a 7 suppressions d’habitats permanents, ça va permettre de trouver des caravanes pour pas cher, et de mettre ça en route assez vite. On va essayer de trouver des subsides, mais le succès du projet dépend des partenaires et de la collaboration. 'Une main tendue' ne peut pas s’en sortir seule. J’ai des contacts avec la Salamandre et le Sampan (aide à la jeunesse) qui sont intéressés, afin de ne pas laisser les mineurs à la rue. L’avantage de la caravane, c’est qu’on peut loger les SDF avec leurs chiens".

"Je cherche un terrain pas trop loin du centre, mais suffisamment à l’écart des maisons pour ne pas pourrir la vie des riverains, avoir une cohabitation correcte et respecter tout le monde".

"Mais j’en ai fait l’expérience cet hiver, si on met des règles, pas d’alcool, pas de drogue… Le SDF est capable de les respecter et de les faire respecter par les autres. Il faut responsabiliser". A bon entendeur!

Christine Pinchart

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