Namur : un centre spécialisé en violences intrafamiliales devrait bientôt voir le jour

Une journée de réflexion autour de ce nouveau centre a eu lieu ce mardi à Namur
Une journée de réflexion autour de ce nouveau centre a eu lieu ce mardi à Namur - © Tous droits réservés

On les appelle les "Family Justice Centers". Des lieux spécialisés et multidisciplinaires, destinés à accueillir et accompagner les victimes et les auteurs de violences intrafamiliales et conjugales. Pour l’instant, il en existe trois en Belgique, et plus précisément en Flandre. Le premier centre wallon devrait bientôt voir le jour à Namur.

Rassembler les acteurs de terrain

Depuis deux ans, la Province et la Ville de Namur travaillent en collaboration pour faire aboutir ce projet novateur. Le "Family Justice Center" centralisera dans un même lieu des services d’aide de première ligne, comme l’aide sociale, médicale, juridique, psychologique, etc… Une prise en charge multidisciplinaire qui permettra d’étudier des faits de violence dans leur globalité, dans leur contexte. Pour Myriam Sabrir, coordinatrice à la Province de Namur, il s’agirait d’une avancée nécessaire : " Prendre en charge une victime de violences, c’est la prendre en charge dans sa globalité : ses revenus financiers, son logement, ses ressources sociales, sa santé… Cela nécessite énormément d’aspects à prendre en considération. Et les travailleurs doivent jongler et travailler avec d’autres services. Même si aujourd’hui, les acteurs de terrain travaillent en réseau, chacun reste quand même dans son service. Nous, nous souhaitons rassembler ces acteurs au même endroit, dans un guichet unique. C’est autre chose que de travailler en réseau : là, on va pouvoir formaliser cette coopération."

Des résultats encourageants

A Anvers, dans le premier Family Justice Center ouvert en Belgique, le bilan est très positif. "Par exemple, on mesure le taux de récidive de violence. Et depuis le début du projet en 2012, on est passé d’un taux de 65% à un taux de 32%", témoigne Pascale Franck, coordinatrice du centre. Des résultats encourageants qui séduisent le secteur. Pour Vincent Macq, procureur du roi de Namur, il est temps que des centres comme cela se multiplient chez nous : "Il en faut à Namur, comme partout ailleurs… Le souci, c’est qu’aujourd’hui, les gens doivent faire un choix entre un service social, la police, la justice… Les gens qui viennent sont un peu perdus, alors qu’ils traversent des moments difficiles, ont du mal à en parler. Le fait d’aller dans un lieu qui centralise tout ça, cela permettra de s’adresser à une personne qui va m’expliquer toutes les possibilités, toutes les orientations possibles, et les interventions seront concertées. Et justement, pour l’instant, ce qui fait peut-être défaut c’est la concertation. On se voit, on discute beaucoup de principes, mais pas assez de cas particuliers."

Il n’y a pas encore de date officielle d’ouverture pour ce nouveau centre à Namur.

 

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