Namur: promoteurs privés et agences immobilières sociales inaugurent leurs premiers logements

Un promoteur privé a complètement rénové ce site namurois qui compte 9 logements. Des appartements qui seront loués à prix décents par l'intermédiaire de l'Agence Immobilière Sociale de Namur
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Un promoteur privé a complètement rénové ce site namurois qui compte 9 logements. Des appartements qui seront loués à prix décents par l'intermédiaire de l'Agence Immobilière Sociale de Namur - © AIS-Namur

Créées il y a 27 ans (au niveau namurois), les Agences Immobilières Sociales (AIS) développent une nouvelle forme de partenariat. Elles collaborent désormais aussi avec les promoteurs privés. Un partenariat issu de l'Engagement Logement initié par la ville de Namur en 2015. Une formule qui permet une offre plus importante à destination des locataires précarisés.

Du particulier...  

Jusqu'il y a peu, ces agences publiques collaboraient principalement avec des particuliers propriétaires d'un bien. Simple et efficace, la formule permet au particulier de déléguer la gestion de son bien à une AIS. Les soucis de la gestion en moins; un loyer inférieur au prix du marché, en contrepartie. L'agence devient l'intermédiaire entre le propriétaire et un locataire en situation de précarité ou à revenus modestes. Le système garantit notamment au propriétaire un revenu locatif mensuel; et au locataire un logement avec un loyer relativement bas. Un système gagnant-gagnant qui connaît un succès croissant, notamment en province de Namur. Entre 2012 et 2016, le nombre de logements gérés par les AIS wallonnes est passé de 3686 à plus ou moins 5200.

Au promoteur privé

Depuis peu, grâce aussi aux subsides wallons, les AIS namuroises élargissent leur collaboration aux promoteurs privés. "En multipliant les collaborations, nous augmentons notre offre au profit des candidats locataires précarisés", explique Joël Schallenbergh, directeur de l'AIS de Namur. "Un promoteur privé peut aussi proposer rapidement un grand nombre de logements à louer; des logements neufs ou entièrement rénovés, avec une isolation performante. Un bon PEB (certificat de performance énergétique du bâtiment), c'est aussi moins de frais de chauffage pour le locataire. Par ailleurs, grâce à ce nouveau type de partenariat, nous allons pouvoir nous insérer dans des quartiers en création, avec l'assurance d'y développer plus de mixité sociale". 

Des promoteurs humanistes?

Les investisseurs ont souvent la réputation d'avoir les dents longues et l'appétit insatiable dans le secteur de l'immobilier, en particulier. Mais ils peuvent aussi se montrer humains... tout en réalisant de bonnes affaires. "C'est une fierté d'avoir terminé ce projet de rénovation et de pouvoir lui donner une dimension sociale", insiste Tarek Marzok, promoteur et propriétaire des 9 appartements inaugurés ce 24 janvier. "Toutes les unités sont ou seront gérées par l'AIS. C'est plus sécurisant et plus facile pour nous. Et c'est profitable aux locataires précarisés aussi. Dans notre cas, nous avons fait le choix de ne pas vendre directement, mais d'investir à long terme."  

Cerise sur le gâteau: dans le cas d'une construction, le promoteur privé bénéficie d'une réduction de TVA. Elle passe de 21% à 12%, moyennant un engagement de 15 ans avec l'AIS.

"Lorsqu'un promoteur se présente à la commune avec un projet de construction de plusieurs unités, l'administration communale l'invite à réfléchir dès le départ à confier la gestion d'un ou plusieurs logements à l'AIS", souligne Stéphanie Scailquin, échevine namuroise du Logement et de l'Urbanisme. "C'est une démarche volontaire de la part des promoteurs qui est négociée au cas par cas. Par ailleurs, nous avons pris nos dispositions pour éviter toute action juridique pouvant nuire au projet".

Et visiblement, ça fonctionne. Depuis l'appel lancé aux promoteurs il y a 18 mois, 32 logements sont déjà confirmés et 31 sont en voie de réalisation via cette formule, de Belgrade à Erpent, en passant par Bouge et Wépion.  

Loyers modérés

A titre d'exemple, dans cette formule, un logement 2 chambres (neuf ou rénové et de taille moyenne), se loue à 450 euros environ. il faut y ajouter quelque 120 à 150 euros de charges. Sur le marché privé, il reviendrait à 700, voire 800 euros, sans compter les charges. Un système qui coûte tout de même plus cher qu'un loyer de logement social. 

Le montant du loyer géré par l'AIS tient notamment compte des revenus du foyer et des allocations familiales. Il ne doit pas dépasser 40% du revenu total du ménage.

Les autorités multiplient les initiatives pour faire respecter le droit au logement. Reste toutefois beaucoup de pain sur la planche. Rien que sur les listes d'attente pour un logement AIS, Namur compte 400 ménages.   

 

 

  

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