Namur prolonge son moratoire sur le développement commercial de la Nationale 4

De nombreux commerces se sont implantés au bord de la nationale, pour offrir un parking plus aisé à leurs clients
De nombreux commerces se sont implantés au bord de la nationale, pour offrir un parking plus aisé à leurs clients - © S. Vandreck

"Il y a vingt ans, on appelait la chaussée de Marche, l'autostraat, tellement il y avait de concessionnaires automobiles qui y étaient implantés, mais aujourd'hui, on y trouve de tout, même des commerces qui devraient plutôt se trouver en centre-ville"! Marie-Frédérique Charles, la présidente de l'association des commerçants de Jambes, a d'ailleurs vu certains commerces spécialisés et réputés, quitter le centre de Jambes pour s'installer sur la nationale, à quelques centaines de mètre de là. "Ils ont voulu offrir une facilité de parking à leurs clients", reconnait-elle. Sur la chaussée de Marche aujourd'hui se succèdent tous types de commerces, y compris des boutiques de chaussures ou de vêtements.

Garder le petit commerce dans les centres

C'est l'implantation de ce type de magasins que la ville de Namur refuse depuis deux ans. Depuis janvier 2017, un moratoire sur le développement économique de la nationale 4 a été adopté, dans le but d'enrayer l'exode des commerces du centre-ville vers la périphérie. Ce moratoire vient donc d'être prolongé de six ans. "Lorsque des promoteurs viennent nous présenter des projets de petits immeubles avec une surface commerciale au rez-de-chaussée, nous n'accordons pas le permis d'urbanisme si nous n'avons pas la certitude que ce seront des commerces autres que de l'équipement de la personne", rappelle l'échevine en charge du commerce et de l'aménagement du territoire, Stéphanie Scailquin. La mesure s'applique en fait à tous les biens "non-encombrants". Seuls les commerces proposant des équipements lourds (ameublement, électro-ménager et autres), pour lesquels il est indispensable de se garer à proximité du magasin seront autorisés.

Un stationnement dangereux

La chaussée de Marche est une nationale à quatre bandes de circulation, sur laquelle la vitesse maximale autorisée est de 90 km/h. Et les commerces de détails ne sont pas les seuls à y avoir poussé comme des champignons. Les restaurants y sont de plus en plus nombreux. Ces établissements accueillent parfois de nombreux couverts, alors que leur parking n'est pas adapté. "Les voitures se retrouvent donc souvent garées n'importe où, au bord de la N4, ce qui pose un gros problème de sécurité", déplore l'échevine. Le nouveau moratoire n'interdit pas l'ouverture de nouveaux restaurants, mais exige qu'ils proposent des places de parking en suffisance à leurs clients. Une attention sera également portée aux nuisances sonores et olfactives générées par certains de ces établissements.

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