Namur: premières découvertes aux fouilles archéologiques menées au chantier du Grognon

Premières découvertes des fouilles archéologiques au Grognon, côté Sambre: un mur de soutènement dont personne ne soupçonnait l'existence. A deux pas de là, les archéologues du SPW viennent de mettre au jour le mur d'une ancienne école.
3 images
Premières découvertes des fouilles archéologiques au Grognon, côté Sambre: un mur de soutènement dont personne ne soupçonnait l'existence. A deux pas de là, les archéologues du SPW viennent de mettre au jour le mur d'une ancienne école. - © SPW-Rtbf

Cette fois, ça y est! Depuis ce lundi, une dizaine d'archéologues du SPW (Service Public de Wallonie) scrutent la moindre parcelle de terre évacuée par la pelleteuse de l'entreprise chargée de déblayer le site du Grognon, à Namur. Un site au confluent de la Meuse et de la Sambre qui accueillera un parking sous-terrain, couvert par une esplanade moderne et un port numérique, à l'horizon 2020. Les fouilles dureront jusqu'à environ août 2018.

2 murs découverts

Les vestiges de deux murs ont été découverts cette semaine. "Les restes d'un mur de l'ancienne Ecole des Filles", explique Dominique Bosquet, attaché à la direction du Département Archéologie du SPW (Service Public de Wallonie). "Cette école est visible sur les photos du quartier avant sa démolition en 1974".

La découverte de l'autre mur est par contre une véritable surprise. "C'est un mur de soutènement", affirme Dominique Bosquet. "Nous ignorions totalement l'existence de ces vestiges", ajoute Fanny Martin, archéologue au SPW. "Nous allons analyser ce mur qui est très massif. Et nous allons faire des recherches dans les archives et la documentation disponibles pour essayer d'en savoir davantage. Ce mur semble assez récent. Mais on doit pousser les investigations plus loin. En archéologie, il ne faut pas avoir trop d'idées préconçues."

Sous la nappe phréatique

Dans une dizaine de jours, la pelleteuse à l’œuvre sur le chantier creusera plus profondément. Jusqu'à environ 8 mètres de profondeur. "Et grâce à une pompe permettant d'évacuer l'eau, les archéologues pourront même effectuer des recherches sous le niveau de la nappe phréatique", explique Dominique Bosquet. "Cela supposera des contraintes techniques et méthodologiques, mais ce type d'endroit a surtout un grand avantage. Il permet la conservation de matières organiques habituellement absentes des sites de fouilles. On pourrait par exemple trouver des objets en bois, des fragments d'embarcations ou des pontons d'accostage". 

Moyen-Âge et préhistoire 

De nombreux vestiges et objets du Moyen-Âge devraient être retrouvés sur le site, côté Sambre, d'ici le mois d'août 2018. C'est d'ailleurs la première fois que ce côté-là est fouillé, le côté Meuse ayant déjà été investigué dans les années nonante. "Nous avons fourni aux entrepreneurs un maximum d'informations émanant d'archives et de découvertes faites par les précédentes fouilles", explique Michel Jehaes, chef du Département des Voies Publiques à la Ville de Namur. "Il y aura certainement des surprises. Mais les archéologues devront aussi faire des choix, pour ne pas retarder le chantier de l'entrepreneur".

Outre les objets du Moyen-Âge (objets du quotidien, de l'activité marchande,...), des vestiges plus anciens pouvant remonter à la préhistoire seront probablement retrouvés. D'autres matériaux seront probablement plus récents. Ce patrimoine sera analysé, trié, répertorié. Il sera ensuite visible dans des musées et des expositions permanentes. Une partie des pièces sera également transférée au Centre de conservation à long terme du SPW. Ces pièces serviront peut-être aux futures recherches des archéologues de demain. 

Enfin, rappelons qu'un site internet permettra de suivre l'évolution des fouilles; il sera opérationnel dans les prochaines semaines. L'adresse: archeogrognon.be

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK