Portrait d'une Namuroise tisserande de laine locale

A l’heure où le retour au local est de plus en plus plébiscité, la filière laine belge a besoin de visibilité. La maison des laines a été inaugurée aujourd’hui à Redu, à l’initiative de l’association "filière laines". Une maison qui se veut un centre de compétences, de ressources et de produits en laine locale. Des ateliers, expositions et de l'accompagnement personnalisé pour ceux qui se lancent dans le secteur.

Une filière 100% locale

Saviez-vous qu’il est possible de porter un manteau tissé en laine de chèvre mohair 100% de chez nous ? Le tissage de la laine de chez nous, c’est ce que fait Claudine Frisque depuis 30 ans avec son mari André. A Malonne, près de Namur. Elle dispose de son propre atelier: "Les tissages de Mamouche".

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Dans leur jardin : une quinzaine de chèvres angora fournit la "matière première". © RTBF

Le jardin sert même de pâture à une quinzaine de chèvres angora. Et le fil mohair qu’utilise Claudine pour tisser, il vient directement de leurs toisons. "J’aimais vraiment le fil angora", explique Claudine Frisque, "Je l’achetais en France et puis un jour, notre fils qui faisait des études de vétérinaires nous a offert une petite chèvre et un bouc, et c’est comme ça que l’élevage a commencé".

De la laine qui est directement envoyée à une petite filature toute proche, à Bonine: "La filature du Hibou" située à 20 Kilomètres de là. Cette filature est une "minimill", comme on l’appelle. Une filature de fibres naturelles qui maîtrise toutes les étapes de la transformation, du lavage jusqu’au fil à tricoter.

A l’issue des étapes de transformation, on obtient un produit 100% laine, 100% belge, sans ajout de fibres synthétiques. Éleveurs, particuliers et artisans peuvent créer leur propre fils en petites séries.

Des produits finis vendus sur les marchés

Des étoles, des manteaux, il faut à chaque, fois une quarantaine d’heures à Claudine pour réaliser ses pièces sur le métier à tisser qui trône dans son atelier.

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Il faut une quarantaine d’heures à Claudine pour réaliser ses pièces sur le métier à tisser. © RTBF

Des produits finis que Claudine vend sur les marchés… À un prix plus élevé que dans le commerce mais qui est justifié par les heures de travail et par la qualité et la traçabilité de cette laine 100% naturelle et locale.

Les pelotes de laines de leurs petites chèvres angoras ont aussi beaucoup de succès. "Les gens sont à la recherche de produits naturels et de qualité, sans ajouts de fibres synthétiques. De plus en plus de personnes se mettent aussi au tricot", ajoute André, le mari de Claudine. D’ailleurs, Claudine donne aussi des cours de tissage à de jeunes passionnés et même à sa petite fille… De quoi assurer la relève !

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Étoles, manteaux... des produits finis que Claudine vend sur les marchés. © RTBF
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