Namur: "Les entreprises doivent soutenir les artistes"

Namur: dix entreprises se regroupent au sein du collectif de mécénat Namosa
Namur: dix entreprises se regroupent au sein du collectif de mécénat Namosa - © Tous droits réservés

C'est un coup de pouce bienvenu pour le secteur de la culture à Namur : dix entreprises implantées dans la région annoncent le lancement de Namosa, un nouveau collectif de mécénat. Le projet est porté par Prométhéa, un organisme qui se charge de faire l'interface entre les mondes entrepreneurial et culturel. "Nous sommes des entreprises qui partageons les mêmes valeurs et nous considérons que notre responsabilité va au-delà de plaire à nos clients ou de gérer notre entreprise pour le bien de nos employés'" explique Paul-Edouard Aubry, le président du collectif Namosa et administrateur-délégué de la société Artone, "Nous considérons que nous avons aussi une responsabilité sociétale et à ce titre nous jugeons qu'il est important de nous impliquer dans la culture". Toute entreprise qui souhaite soutenir les initiatives culturelles et le patrimoine dans la région de Namur a vocation à intégrer ce collectif. 

Plus forts ensemble

Ces entreprises mécènes sont actives dans des secteurs qui peuvent sembler, de prime abord, très éloignés de la sphère artistique : les meubles de bureau, la brasserie ou encore la construction et l'immobilier. Alors, qu'est-ce qui peut bien motiver ces patrons d'horizons aussi variés à faire un don d'argent sans perspectives de le récupérer ? Pour Julie Henry qui dirige la société Menuisol (Bois-de-Villers, menuiserie), cela n'a rien d'étonnant car l'art est vital pour tout être humain, quel que soit son domaine d'activité : "En tant qu'entrepreneur, il faut pouvoir se remettre en question constamment pour pouvoir évoluer ou ne pas devenir frustré, et c'est ce que permet l'art. On peut prendre du recul, poser un autre regard sur les choses, ça développe le doute constructif et, tout simplement, ça nous rappelle à quel point la vie peut être belle".

Pour ces entreprises namuroises, souvent de taille modeste, se regrouper pour mutualiser les moyens s'est rapidement avéré être le seul moyen de faire du mécénat de manière efficace : "C'est important d'atteindre une certaine masse critique" explique Benoit Provost, le directeur général de Prométhéa, "Ces entreprises auront beaucoup plus d'impact en finançant un seul projet de 10 000 euros plutôt qu'en éparpillant leur dons chacune de leur côté". Julie Henry (Menuisol) abonde dans son sens : "C'est comme dans la vie de tous les jours, l'union fait la force, le collectif nous permet d'apporter une somme qui est tout à fait accessible aux TPE et PME et en même temps de financer un beau projet. Et en plus, ça nous permet d'avoir un cadre et de ne pas être isolé parce que le mécénat, c'est quelque chose qui ne s'improvise pas".

10 000 euros pour une œuvre urbaine

Ce 15 septembre marque aussi le lancement du premier appel à candidatures pour le Prix Namosa, d'un montant fixé à 10 000 euros pour cette première édition. Le prix s'adresse à tout porteur de projet (à l'exception des pouvoirs publics) bien que certaines priorités ont été identifiées : "On veut que ce soit une œuvre pérenne et accessible à tous dans l'espace public" détaille Paul-Edouard Aubry, "Les arts de la scène seront donc moins bien représentés mais ça laisse encore beaucoup de possibilités pour des sculptures, des fresques ou même des œuvres digitales". Puisqu'il s'agit d'investir l'espace public, une attention toute particulière sera accordée à la faisabilité du projet en accord avec les autorités communales. Les dossiers de candidatures sont à remettre sur le site de Prométhéa pour le 15 novembre au plus tard. 

 

 

 

 

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