Namur: les défenseurs du parc Léopold sont venus manifester, bâillonnés

Les défenseurs du square Léopold sont venus manifester dans le calme, avec un bâillon sur la bouche.
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Les défenseurs du square Léopold sont venus manifester dans le calme, avec un bâillon sur la bouche. - © RTBF

Des baillons sur la bouche, les défenseurs du square Léopold ne sont pas passés inaperçus jeudi soir au conseil communal de Namur. Le collectif se dit toujours insatisfait de la gestion du dossier de la future consultation populaire. Pourtant, la Ville a reformulé ses questions. On y parle explicitement du parc et des arbres, mais pas comme le collectif l’aurait voulu. Les défenseurs des arbres, nombreux hier soir, parlent de mascarade. Le PS namurois se dit lui aussi très déçu. L’ambiance était donc à la grogne hier soir.

Marcel Guillaume, le porte-parole du collectif pour la sauvegarde du parc Léopold, a distribué des bâillons blancs pour montrer qu'ils se sentent muselés. Ils écoutent dans le calme, pendant deux bonnes heures, les débats.

Les questions ont été reformulées, "pour qu’elles soient plus concises, plus claires", fait remarquer Maxime Prévot (bourgmestre désormais empêché).

Les questions sont à présent les suivantes :

  1. Approuvez-vous le choix de combattre l’implantation de grands centres commerciaux à l’extérieur de la ville afin de défendre nos commerces et notre cœur de ville ?
  2. Partagez-vous le principe d’installer un nouvel ensemble de magasins au cœur de notre ville, le plus près possible des commerces existants et avec davantage de parkings, pour compléter et renforcer le commerce namurois et l’emploi local ?
  3. Êtes-vous favorable à l’installation d’un centre commercial à l’emplacement de l’actuelle gare des bus et du square Léopold, sachant que cela entrainera la disparition des arbres du square et que cette suppression sera compensée par la création en ville de trois nouveaux parcs publics et la plantation de plusieurs centaines d’arbres et arbustes dans le nord de la Corbeille ?

Dans la troisième question, on parle maintenant des arbres du parc Léopold, mais ce n'est pas mot pour mot la question telle qu’elle était formulée par le collectif. "Nous ne pouvions pas nous permettre de reprendre simplement sa question, trop réductrice, qui ne peut résumer un enjeu aussi global que le devenir de l’attractivité du cœur de ville", répond Maxime Prévot.

Dans l'opposition, les socialistes volent au secours du collectif. Pour Antoine Piret, du groupe PS, c'est "la surprise complète de ne pas voir posé la question qui était celle des 13 600 Namurois. Ici, on coupe l’herbe sous le pied à la démarche citoyenne."

Marcel Guillaume, le porte-parole du collectif, est écœuré. "La ville de Namur pourrait dire : ok, il y a énormément de personnes qui refusent la disparition du parc dans la troisième question mais ils ont dit oui aux deux premières. Donc, globalement, nous pouvons considérer que ce parc peut disparaître. C’est ça toute la magouille, le fait de proposer trois questions. On est perdant à tous les coups !"

Le collectif a déjà annoncé qu'il ira en recours. Le PS se tâte encore.

Autre point adopté: la carte pour les artistes de rue

Depuis l'interdiction de la mendicité en ville, les artistes n'avaient plus le droit de se produire dans le centre.

Notons également ce coup de neuf pour les chemins du parc Louise-Marie. Le gravier actuel, emporté à chaque orage, sera remplacé. Coût de l’opération : près de 310 000 euros, en bonne partie subsidiée.

Monika Wachter

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