Namur: les arbres malades du Grognon sont tombés

Namur : Les arbres malades du Grognon sont tombés
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Namur : Les arbres malades du Grognon sont tombés - © Tous droits réservés

Vous avez peut-être été surpris en passant près du chantier du Grognon à Namur… Les 8 grands marronniers le long de la Sambre ont été abattus, entre le pont du Musée et le pont de France. Un abattage prévu depuis près d’un an. L’intention n’est pas de rendre la future esplanade de la confluence désertique. Non, la ville a été contrainte d’abattre ces marronniers.

Une bactérie mortelle

Au départ, deux des marronniers gênaient l’avancement des travaux. Et puis on s’est rendu compte que 6 d’entre eux étaient malades. Ils étaient porteurs d’une bactérie mortelle, le Pseudomonas Syringae.

Murielle Eyletters, ingénieur agronome et spécialiste des arbres a été mandatée il y a un an pour expertiser ces marronniers. "Ces arbres étaient condamnés à court terme", explique-t-elle. "Cette bactérie se met dans les vaisseaux conducteurs du marronnier. La bactérie met à mort les marronniers. Et sur les arbres du Grognon, j’avais observé les différents symptômes, y compris ceux qui montrent vraiment l’avancée de la maladie, c’est-à-dire des suintements noirs, des fissures au niveau du tronc et qui sont alors colonisés par des champignons. On était à un stade très avancé de la maladie."

La maladie était incurable. L’abattage était donc inévitable et nécessaire aussi pour éviter la contamination des autres marronniers qui bordent la future esplanade de la confluence.

Un mal pour un mieux

C’est une certitude, il y aura toujours autant d’arbres au Grognon. Les 8 marronniers abattus vont rapidement être remplacés par 8 arbres de grandes tailles. Pour éviter de voir réapparaître la maladie on a choisi une autre essence. Après concertation avec les riverains qui voulaient une espèce indigène, ce sera des chênes. Des chênes adultes de grand gabarit pour rapidement compenser la perte des marronniers du point de vue esthétique mais aussi en termes de fixation du CO2 capté par ces arbres.

"Il y a eu un calcul poussé pour voir la compensation au niveau du carbone qui était fixé par ces arbres", précise Murielle Eyletters. "J’ai pu faire une estimation de la quantité de CO2 que fixaient ces arbres et la compensation que l’on devrait faire pour rétablir cette fixation. Avec ces arbres de gros gabarit, en une dizaine d’années, on pourra compenser. Et cela donne aussi une garantie à la population. Ils ne devront pas attendre 50 ans pour avoir le même paysage."

Ces chênes devraient devenir centenaires. Et on va profiter des travaux pour créer de grandes fosses de plantation. "Le permis prévoit de replanter 8 chênes à la place des 8 marronniers", explique Michel Jehaes, le chef de département des voies publiques à la ville de Namur. "On a procédé à l’abattage, parce qu’on a le permis et parce que c’est la saison. Et parce qu’on va aussi excaver les terres, construire le mur qui longe la voirie et qui va délimiter à nouveau l’espace entre la voirie et les nouveaux arbres. Ensuite, on remettra des nouvelles terres." Les chênes seront ensuite choisis en pépinière en présence de l’expert. Ceux-ci seront replantés dès cet hiver.

Une réaction discordante

Marcel Guillaume, porte-parole du collectif pour la sauvegarde du parc Léopold remet en cause la nécessité de cet abattage. Selon lui, les arbres étaient malades, certes, mais les travaux du Grognon ont fortement affaibli ces arbres, qui ont été laissés par moments avec leurs racines à nu.

Une affirmation balayée par Murielle Eyletters : "Non, ce n’est pas le chantier qui a provoqué la maladie des marronniers. On le constate depuis une dizaine d’années, cette bactérie se répand partout en Europe".

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