Namur : deux frères pratiquent la pêche à l'aimant en bord de Sambre

C’est une discipline originale qui se pratique à l’aide d’un puissant aimant capable de porter plusieurs centaines de kilos. La plupart de ces pêcheurs se présentent comme des auxiliaires dont la mission est de nettoyer les cours d’eau. Ils s’adonneraient donc à un loisir écologique ? "C’est pour le sport mais aussi pour le geste citoyen."

En bord de Sambre, les deux frères Jo et Ju débarquent leur matériel sur le halage. Ils ont découvert cette discipline il y a plusieurs mois : "On a découvert la pêche à l’aimant sur les réseaux sociaux et on a tout de suite accroché. On jette notre aimant dans l’eau et on ne sait jamais ce qu’on va trouver. C’est un peu comme une pêche aux canards pour les enfants… " sourit Jo, le plus jeune.

Des trésors inattendus

Dans le lit des rivières, les Namurois vont de surprise en surprise : "Des caddies, des panneaux de signalisation, des vélos, des trottinettes électriques… La semaine dernière, on a remonté un sac plastique avec des médailles en bronze."

Mais les pêcheurs de métaux font parfois des trouvailles explosives : "Des fusées, des munitions ou une arme que nous avons déposée à la police " poursuit Jo. Le métal repêché est généralement vendu au poids chez un ferrailleur. " Ce n’est pas notre but mais si on peut se faire une petite pièce, on ne crache pas dessus " ajoute Ju, un boucher de trente-sept ans.

Que dit la loi ?

En 2017, la pêche à l’aimant a permis de relancer l’enquête judiciaire sur les tueurs du Brabant. Pourtant, la pratique est peu encadrée. D’après le SPW mobilité, la discipline relève d’un décret général sur l’occupation du domaine régional : "L’article cinq de ce décret précise que toute occupation excessive des voies hydrauliques est punissable. Par exemple, retirer des caddies ou des motos du fleuve ce n’est pas une occupation normale.

Les sanctions vont d’un simple avertissement mais l’amende varie de cinquante euros à dix mille euros en cas de récidive", précise Mee Hwa Boulangé, la porte-parole du SPW mobilité.

Un phénomène sur Youtube

Pour Ju et Jo, le succès n’est pas encore au rendez-vous. Avec à peine quelques centaines de vues sur Youtube, la popularité des pêcheurs à l’aimant namurois reste très confidentielle. Pourtant, le phénomène prend de l’ampleur, notamment en France, où un youtubeur "Chrisdetek" fait le buzz sur la toile. L’une de ses vidéos a même comptabilisé plus d’un million de vues.

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