Namur : acquittement pour l'incendiaire des Ursulines

A huit reprises, l’institut des Ursulines, à Namur, a été la proie des flammes en 2010.
A huit reprises, l’institut des Ursulines, à Namur, a été la proie des flammes en 2010. - © Bia Bouquet

A huit reprises, en l'espace de trois mois, le feu a été bouté à du papier ou à des tissus dans les locaux de l’école des Ursulines, à Namur, lors de l’année 2010. Fort heureusement sans gravité, il y a surtout eu des dégâts dans un local à photocopies. L'enquête a permis d'identifier une femme de ménage.

''Je suis persuadé que la prévenue est la responsable de tous ces faits, mais encore faut-il le prouver devant un tribunal''. Ces mots, c'est Marc Servais, le substitut du procureur du Roi qui les a prononcés lors de son réquisitoire. Le signe évident que l'accusation ne disposait pas dans sa manche de toutes les cartes pour prouver formellement ses accusations. Sur les huit faits, le ministère public n'en retenait d'ailleurs plus que trois.

Car si la prévenue a fini par reconnaître, face aux images enregistrées à son insu par la police, qu'elle avait bien, par colère, bouté le feu à un tee-shirt pour le jeter ensuite dans une cage d'escalier en béton, elle a formellement nié toute implication dans les autres faits.

Son avocate a donc plaidé l'acte isolé sans intention de vouloir susciter un quelconque incendie. Tout en mettant en évidence bien d'autres pistes non fermées par les enquêteurs.

Le rapport d'expertise psychiatrique est venu aussi confirmer que la prévenue n'avait pas le profil d'une pyromane, tout au plus d'une impulsive qui nécessite néanmoins une solide thérapie. Celle-ci a été entreprise. Lors de ses aveux, la prévenue a passé deux mois en détention préventive.

Ce jeudi matin, le tribunal a estimé que l'unique fait reconnu et donc imputable n'était finalement pas pénalement punissable. Pour le reste, le doute lui a bénéficié. Elle est donc acquittée. Soulignons quand même que l'intéressée a changé de métier et ne travaille plus dans un cadre scolaire.

Patrick Michalle

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