Namur a un nouvel abri de nuit

Namur : le nouvel avri de nuit Gérard jJacob - Selon les travailleurs sociaux, plus d'une quarantaine de personnes s'y présentent régulièrment pour y être accueillis
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Namur : le nouvel avri de nuit Gérard jJacob - Selon les travailleurs sociaux, plus d'une quarantaine de personnes s'y présentent régulièrment pour y être accueillis - © Jacques Leurquin - Ville de Namur

Cela faisait 15 ans qu’on l’attendait. Le nouvel abri de nuit est enfin devenu réalité. Il propose une capacité d’accueil accrue, 33 lits au lieu de 14, et se situe au boulevard du Nord, juste derrière la gare de Namur. Malgré cela, certains se demandent déjà si ce sera suffisant pour faire face aux difficultés croissantes.

L’abri de nuit sera ouvert entre 21 heures et 7h30 du matin. Il doit permettre aux sans-abri de trouver un toit pour la nuit. La capacité d’accueil est augmentée, de plus du double. Côté finitions, l’ambiance cosy des nouvelles installations tranche avec l’ancien espace. Histoire de pouvoir souffler après une rude journée passée dans la rue.

Autre différence avec l’ancien abri de nuit : des espaces plus petits alors qu’avant, on ne comptait qu’un seul grand dortoir (mixte, avec 14 lits). Une promiscuité qui était d’ailleurs souvent source de conflit. "Le fait d’avoir cinq chambres différentes permet de répartir les hommes et les femmes ou même de séparer les uns et les autres", déclare Nathalie Poupier (responsable de la cellule solidarité à la ville de Namur)

Trois douches sont aussi mises à disposition, alors que l'ancien espace n'en disposait pas. Il y a aussi des boxes pour chien, une chambre pour personne à mobilité réduite et même un espace de trois lits spécialement aménagé pour que des SDF puissent dormir directement avec leur animal au pied.

Une capacité suffisante ?

Reste que la capacité d'accueil interpelle : 33 places au total. "Le nombre a été augmenté par rapport au constat de taux de fréquentation de l’ancien abri de nuit." Sera-ce pour autant suffisant ?

Le bourgmestre reconnaissait pourtant lui-même, il y a quelques mois, que le nombre de sans-abri était devenu bien plus important dans la capitale wallonne. Conclusion : Namur ne veut pas attirer des SDF d'autres villes. Quant à savoir si la capacité des lieux sera suffisante… "L’avenir nous le dira", conclut Nathalie Poupier.

"Il faudra encore tirer au sort"

D'autres sont moins confiants que la responsable de l'abri de nuit. C'est le cas notamment de Benjamin Moriamé. Ce journaliste indépendant rencontre depuis presque dix ans les moins nantis de la capitale wallonne. Aujourd'hui, il en a même fait un livre, "Les laissés-pour-compte de Namur".

Dans ce livre, on apprend que – contrairement à l’image qu’elle véhicule – Namur n’échappe pas au phénomène de paupérisation grandissante de sa population. 13% des quelques 110 000 habitants seraient en situation de pauvreté, à en croire l’ouvrage.

Pour Benjamin Moriamé, l'arrivée de ce nouvel abri de nuit est positive mais il affirme que la capacité est loin d'être suffisante. "Pour avoir discuté avec plusieurs travailleurs de l’abri de nuit (des assistants sociaux qui travaillent dans des conditions difficiles), je sais qu’il faudra encore parfois tirer au sort pour savoir qui pourra dormir à l’abri et qui devra tourner les talons et se débrouiller dans la rue, faute de places suffisantes."

Selon lui, le problème ne se pose pas qu’au plus fort de l’hiver. Il est récurrent, quelle que ce soit la saison. "Les travailleurs disent que, souvent et y compris en été, ils reçoivent une quarantaine de personnes." Dans le nouvel abri, il n’y a pourtant que 33 places, conclut le journaliste.

Bruno Schmitz

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