Nafissatou Thiam perd son record du monde pour une histoire belgo-belge

Nafissatou Thiam très émue hier, mardi, à l'annonce de la "non homologation" de son record du monde
Nafissatou Thiam très émue hier, mardi, à l'annonce de la "non homologation" de son record du monde - © Belga

Cet article est une archive datant de 2013. Pour la petite histoire, si le record avait été validé, il serait toujours d'actualité, puisque l'actuelle détentrice, l'Ukrainienne Alina Shukh, n'a réalisé que 4550 points, soit 8 de moins que le record non-homologué de Thiam.

Le record du monde junior du pentathlon de la Namuroise Nafissatou Thiam, établi le 3 février dernier aux championnats de Belgique indoor, à Gand, n'a pas été homologué par la fédération internationale d'athlétisme. Tout ça parce que le contrôle anti-dopage n'a été effectué que le lendemain de sa performance. Motif avancé : aucun médecin agréé de la ligue flamande n'était disponible le jour du record à Gand et les médecins francophones ne peuvent agir en Flandre sans demande préalable. Un surréalisme à la Belge qui vole à une jeune athlète namuroise son record du monde.

Le record n'était pas homologué

Selon le décret en vigueur en la matière de lutte antidopage en Belgique, c'est un médecin agréé par la Communauté flamande qui aurait dû effectuer le contrôle antidopage. "D'habitude ils sont toujours présents à Gand. Mais à ce moment-là, il n'y avait personne. Nous avons essayé de contacter quelqu'un, le chef du meeting a fait le nécessaire, mais personne n'était joignable", a raconté Christian Maigret, directeur sportif de la LBFA.

"Le contrôle a eu lieu le lendemain, au domicile de Nafissatou, par un médecin agréé de la Communauté française", a ajouté Dominique Gavage, vice-présidente de la LBFA et spécialiste du dopage. "Nous avons reçu un courrier de l'IAAF expliquant que le record n'était pas homologué car le test antidopage aurait dû avoir lieu sur place, après la compétition. Ils nous ont expliqué qu'un pareil cas s'était déjà produit l'an passé aux États-Unis et en Norvège, pour un record au javelot, et qu'ils ne pouvaient pas changer leur ligne de conduite."

Le contrôle effectué le lendemain au domicile de l'athlète a été négatif, de même que celui qu'elle a subi lors des championnats d'Europe de Göteborg quinze jours plus tard. "Nafi est clean. C'est un aspect technique qui la prive de ce record", a ajouté Dominique Gavage. "Nous ne voulons pas polémiquer, mais simplement trouver une solution car un tel cas risque de se reproduire. Il est important d'avoir un médecin agréé pour chaque meeting, ou, à tout le moins, savoir quel médecin pouvoir contacter en cas d'urgence."

Le ministre Antoine propose une coordination inter-communautaire

Le ministre des Sports André Antoine a appelé mercredi ses homologues flamand, germanophone et bruxellois (Cocom) à instaurer une instance de coordination inter-communautaire sur le dopage, notamment pour éviter l'imbroglio qui a mené à la non-homologation du record du monde juniors du pentathlon de l'athlète Nafissatou Thiam.

Selon la réglementation sportive, la coupole nationale de la discipline sportive concernée se doit de prévoir la présence de médecins lors des événements sportifs, a souligné André Antoine, regrettant qu'aucun médecin n'ait été présent lors de l'événement gantois.

André Antoine dit souhaiter "instamment que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant menés à cette décision. Un cabinet d'avocats a également été mandaté afin d'assister la LBFA (Ligue Belge Francophone d'Athlétisme) qui, lors de son prochain comité de direction, pourra décider de présenter un recours devant l'IAAF".

La Communauté flamande estime elle ne pas être en faute dans la non-homologation, car les championnats de Belgique de pentathlon, début février à Gand, où l'athlète a établi son record, ne figuraient pas à l'agenda de l'organisation.

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