N5 à Charleroi: la liaison qui devait passer par Loverval ne se fera pas

Le ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio.
Le ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio. - © BRUNO FAHY - BELGA

Nouveau rebondissement dans le dossier de la Nationale 5 à Gerpinnes, au sud de Charleroi. La liaison qui devait passer par Loverval, entre le rond-point "Ma Campagne" et le R3 (le grand ring de Charleroi), ne se fera pas. Selon les conclusions de l'étude officielle, qui ne sera révélée que dans quelques jours, cette seule route ne sera pas suffisante pour absorber tout le trafic venu de France.

Le gouvernement wallon doit faire marche arrière, lui qui avait pourtant inscrit cette fameuse liaison dans sa déclaration de politique régionale.  Mais les conclusions des experts sont sans appel. Il faudra plus que cette route de deuxfois une bande et longue d'un peu plus de trois kilomètres pour désengorger tout le trafic de cette Nationale 5. Notamment le trafic poids lourds venu de France et de Couvin.

"Les premiers résultats de l’étude montre que l’afflux de véhicules venant du sud – avec le contournement de Couvin, le lien avec les travaux en France – doit être absorbé non pas par une seule route, mais par plusieurs, explique le ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio. Nous devons dès lors revoir notre copie. Nous avions une idée de départ (inscrite dans la déclaration de politique régionale). Elle a été examinée par les experts. Et aujourd’hui, leurs conclusions ne sont pas exactement celles que nous imaginions."

Carlo Di Antonio, qui est aussi ministre de la ruralité, vient d'ailleurs de classer comme réserve naturelle domaniale un verger qui était justement sur le tracé de cette liaison. On voit donc mal à présent le gouvernement décider d'y construire une grande route à camions, comme disent les riverains.

Il faut donc à présent envisager d'autres solutions, sans doute plus importantes, pour parvenir à désengorger cette Nationale 5. La situation qui dure depuis des dizaines d'années devient intenable tant le trafic est dense. L'enjeu est grand, il concerne tout le sud de Charleroi, où il n'y a aucun accès autoroutier. Le prochain gouvernement wallon a déjà un fameux dossier sur les bras.

Les réactions des élus politiques du coin

Pour Véronique Cornet, députée MR et bourgmestre de Montigny-le-Tilleul, cette décision est parfaitement inadmissible et purement politicienne. Selon ses dires : « On est toujours confronté au même problème d’enclavement économique de la région de Charleroi et de non liaison avec la France. Sous le prétexte que les travaux allaient être accomplis, on n’a pas rénové les routes existantes qui sont maintenant engorgées et impraticables. Enfin, ce qui est tout  à fait détestable de la part du CDH, c’est qu’il est évident que tant le ministre Lutgen que le ministre Di Antonio  ont plombé ce dossier pour faire plaisir au bourgmestre de Gerpinnes, Philippe Busine, et lui permettre à la veille des élections régionales de mettre une plume à son chapeau. Et on nie là totalement l’intérêt général de toute une région. »

Quant à Xavier Desgain, le député wallon Ecolo de Charleroi, il signale que le gouvernement attend toujours les résultats de cette étude. Pour lui : « Cela fait un  an et demi que les études devraient être transmises au gouvernement avec  une proposition de tracé sur la table. Nous attendons aussi que l’administration des routes débloque le dossier de site propre de la N 5 au sud de Charleroi qui n’avance pas alors que la SRWT et les TEC ont fait leur travail : un site propre pour les bus est aussi une des solutions pour la mobilité au sud de Charleroi. »

Enfin, Paul Magnette, le bourgmestre socialiste de Charleroi, il n'a pas souhaité réagir tant que l'étude qu'évoque Carlo di Antonio n'est pas connue et présentée au gouvernement wallon.

Cédric Loriaux, Christine Borowiak

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