Musique: la salle de concert le VK menacée de fermeture à Molenbeek

Canal à Molenbeek
Canal à Molenbeek - © RTBF - Hélène Maquet

Il n'y a à peu près qu'une seule raison pour laquelle les amateurs de musique alternative traversent le canal, et se perdent dans les ruelles du Vieux Molenbeek, une fois la nuit tombée: aller voir un concert au VK, salle flamande dont l'histoire de ces 30 dernières années rebondit entre punk, reggae, rock indé, dubstep,...

Aujourd'hui, ces mélomanes sont inquiets. Le VK, pour Vaartkapoen, pourrait fermer ses portes le 1er janvier 2017, faute d'argent. En effet, la Flandre menace de couper le robinet des subsides. Il y a quelques mois, l'équipe du VK avait remis son dossier de demandes de subventions pour les 5 années à venir. L'avis de la Commission artistique, préalable à la décision définitive du Ministre de la Culture (Open-VLD) Sven Gatz est tombé comme un coup de tonnerre, mi-février.

Aucun subside reconduit

Le VK concerts ne verrait aucun de ses subsides reconduit: 121 000 euros par an ces dernières années, qui permettent de payer 5 emplois. "Pour moi, ce n'est pas encore complètement clair pourquoi ils ne veulent plus nous soutenir, explique Sara Corsius, directrice du VK, parce que tout ce qu'on fait entre bien dans les priorités du décret pour les Arts en Flandre". La décision définitive doit tomber mi-juin. L'équipe du VK a donc décidé de se mobiliser en publiant une lettre ouverte sur son site internet, sous le titre #vkforever. La réaction du public de la salle a été immédiate, une pétition a été lancée.

D'autres lieux flamands menacés, à Molenbeek.

En y regardant de plus près, le VK n'est pas le seul lieu flamand de Molenbeek à recevoir de mauvaises nouvelles. "Quand je me suis renseignée partout à Bruxelles et à Molenbeek, il y a quand même pas mal d'exemples assez extraordinaires de projets (déjà très reconnus) qui ne reçoivent plus de soutien du gouvernement flamand." C'est le cas dans la culture. C'est le cas des associations.

"Le Foyer asbl" qui vient en aide aux jeunes molenbeekois, a récemment perdu une partie des subsides qui viennent de Flandre. Son directeur, Johan Leman expliquait ceci: "On ne convient plus dans le cadre de la Communauté Flamande. Je pense qu'on est trop bruxellois! Et que l'approche de première ligne, celle d'aller sur le terrain, à la rencontre des gens ne convient pas côté flamand".

Une approche que prône également l'équipe du VK, en tentant d'inclure les habitants du quartier dans ses projets. "Moi j'ai l'impression qu'il y a un agenda politique, réagit Sara Corsius, au niveau de savoir qui est responsable pour quelle partie du pays, quel budget doit être investi où." Qui paie quoi ? Est-ce que la Flandre doit payer pour Bruxelles? "Simplement dit, oui! Je pense qu'il y a de ça".

Et les Flamands de Bruxelles ?

Paradoxalement, le VK est très soutenu par la VGC (Vlaams Gemeenschap Commissie), l'organe politique qui représente les Flamands de Bruxelles, dans lequel Pascal Smet (SP-A) est ministre de la Culture. Une grosse somme a été débloquée pour rénover de fond en comble la salle de concert et y installer un espace vert.

Les bâtiments appartiennent d'ailleurs à la VGC, qui subventionne les actions plus "locales" du VK, tournées vers les habitants du quartier. D'ici quelques années, les murs parfaitement rénovés du VK pourraient ne plus rien abriter, ne plus faire résonner l'esprit d'une salle qui, aujourd'hui, attire bien au-delà des frontières de la capitale.

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