Mouscron: l'abattoir Goemaere fait aveu de faillite

Les travailleurs de l'abattoir et les syndicats se sentent trahis
Les travailleurs de l'abattoir et les syndicats se sentent trahis - © Sarah Libbrecht

C’est un véritable coup de théâtre qui s’est joué à l’abattoir Goemaere spécialisé dans le porc. La société fait aveu de faillite alors qu’on s’attendait à une reprise partielle de l’entreprise. Ce sont 161 travailleurs qui perdent leur emploi.

Les travailleurs de l’abattoir Goemaere de Mouscron et les syndicats qui les représentent se sentent trahis. Après des heures de négociations et de nombreux sacrifices, la famille Goemaere a décidé d’arrêter ses activités. "Mardi, la famille Goemaere devait rencontrer la Sogepa et le Ministre Marcourt pour obtenir des fonds en vue de la reprise. Mais coup de théâtre, elle ne s’est pas présentée. Nous avons appris que Yves Spillebeen, le responsable de la relation clientèle et fournisseurs est parti à la concurrence en emmenant avec lui le fichier client de l’entreprise. De ce fait, nous nous retrouvons dans une situation ubuesque où il n’y a plus de possibilités", explique Anne-Claire Deldique, représentante syndicale CGSLB.

Tout le monde est abasourdi par cette nouvelle, d’autant qu’on s’attendait à une reprise. Certes avec le licenciement de la moitié du personnel. Mais ici, c’est un véritable drame social qui se passe : 161 travailleurs, 154 ouvriers et 7 employés, vont être licenciés. "On attend maintenant que l’on dépose l’aveu de faillite et qu’elle soit prononcée. Nous pourrons alors demander la mise en place d’une cellule de reconversion pour accompagner les travailleurs dans une nouvelle recherche d’emploi et dans leur dossier faillite. Ils ont droit à leurs indemnités de rupture, leur salaire qui n’aurait pas été payé, les primes,… On fera le point de tout ce qui leur est dû", précise Marie-Line Colin de la FGTB. Les syndicats espèrent que la faillite sera prononcée le plus rapidement possible. Mais il n’y a actuellement aucune date précise.

Un curateur va être nommé et c’est lui qui verra comment payer leur dû aux travailleurs avec les actifs de la société. Ce remboursement pourrait mettre un an. "Dans l’attente, les travailleurs belges doivent faire la demande des allocations de chômage provisionnel. Pour les travailleurs français, c’est plus complexe, car Pôle Emploi à des politiques de gestion des faillites un peu différente", explique Olivier Buyse de la CSC. Le site de l’abattoir est à l’arrêt actuellement. Les syndicats espèrent que ce site pourra connaître une nouvelle activité. La famille Goemaere pourrait relancer une activité elle-même. Mais il pourrait y avoir autre chose. "Si la famille Goemaere lance un nouveau projet, elle doit le faire rapidement. Car toute une série de sociétés gravitent autour de l’abattoir. S’il met trop longtemps à se relancer, ces sociétés tomberont en faillite également." On compte une vingtaine de travailleurs dans ces entreprises satellites.

Sarah Libbrecht

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