Mort du peintre liégeois Fred Beunckens

Le peintre liégeois Freddy Beunckens est décédé, à l'âge de 70 ans. C'est un professeur honoraire d'académie qui disparaît, mais surtout un artiste à l'expressionisme très engagé.....

De ses origines flamandes, il avait gardé le goût du colossal, du burlesque et du grinçant, de l'expressionisme. Il y avait du célinien, du kafkaïen dans son univers. A larges coups de brosse sur des panneaux de fibres, il savait aller à l'essentiel. Il était l'un des plasticiens les plus virulents de sa génération.
Il avait été l'élève de Crommelynck, à l'Académie de Liège, avant de devenir professeur dans cet établissement. A la fin des années soixante, il avait lancé le "Mouvement réaliste", avec Roger Somville ou Edmond Dubrunfaut, entre autres. Il fut le peintre du pessimisme, de l'absurdité de la condition humaine et des conventions sociales, mais sans jamais se départir du sens du calembour et de la dérision. Il ne rechignait pas à la critique politique. L'une de ses oeuvres revisite un "monument" de l'art classique, et montre Marat, dans sa baignoire, à la recherche d'une éponge. Il faut encore mentionner une série sur la statue de la Liberté, réactualisée à l'aune du vingtième siècle finissant, à l'occasion du bicentenaire de la révolution française.
L'un de ses tableaux les plus connus s'intitule "Après des siècles d'esclavages", et montre un évêque, un soldat et un banquier, au chevet d'un personnage en bonnet phrygien, dans un linceul noir-jaune-rouge.

(M. Gretry)

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