Mont-sur-Marchienne : une ancienne carrière devient réserve naturelle

Réserve naturelle de Mont-sur-Marchienne
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Réserve naturelle de Mont-sur-Marchienne - © Sarah Heinderyckx

C'est un changement de fonction assez exceptionnel en Wallonie. À Mont-sur-Marchienne, près de Charleroi, une ancienne carrière vient d'être transformée en réserve naturelle. L'association de protection de la nature Natagora protègera dorénavant le site pour préserver les espèces parfois rares qui y vivent.

Comme une vingtaine de sites dans le Hainaut, l'ancienne carrière de Mont-sur-Marchienne est désormais classée réserve naturelle par Natagora. Elle abrite des zones très variées comme des mares temporaires qui se forment avec les pluies. Des roseaux se développent en leurs centres, mais certaines espèces invasives sont déjà présentes. Vincent Swinnen, responsable des réserves naturelles du Hainaut, précise qu'il faut donc les protéger : "J'enlève des jeunes pousses de saule qui apparaissent un peu partout. C'est embêtant parce que dans ces mares de faible profondeur se développent des espèces particulières de batraciens. Si on veut les préserver, il faut garder les mares exemptes d'arbustes. Si on les laisse faire, les mares seront fermées d'ici quelques années et ces espèces disparaîtront".

La nature reprend le dessus

Le site est situé juste en-dessous du ring de Charleroi. Une petite oasis de verdure au milieu de la ville. Il y a une vingtaine d'années, l'entreprise Sagrex y concassait de la roche calcaire extraite juste à côté. En 2005, elle démantèle le site resté inoccupé depuis. Pour Steve Denis, responsable environnement chez Sagrex, ce changement de fonction est donc une aubaine : "On s'est rendu compte que les espèces présentes sur le site de par l'activité étaient tellement importantes que ce serait dommage de les laisser s'éteindre de par l'inactivité. Une gestion active du site est nécessaire et nous pensons que Natagora est le partenaire adéquat pour cela".

Crapauds accoucheurs et calamites

Un bail de 27 ans pour un loyer symbolique d'1 euro a donc été conclu entre les deux parties. Parmi les espèces présentes sur le site, on retrouve des grenouilles vertes ou des libellules, et surtout des crapauds menacés en Wallonie. C'est le cas des crapauds accoucheurs ou des calamites, reconnaissables à la ligne jaune sur leur dos. "Ils trouvent ici un habitat humide avec les mares temporaires, mais aussi tous les tas de pierres qui se sont formés. C'est sous ces pierres qu'ils peuvent se réfugier pendant les périodes les plus chaudes. Un endroit comme ici avec des falaises et des tas de pierres, c'est donc l'idéal pour eux", précise Vincent Swinnen.

Du travail en perspective

En tout, 16 hectares d'un terrain très diversifié sont devenus réserve naturelle. Une première étape qui annonce encore beaucoup de travail pour les équipes de Natagora, comme l'explique Vincent Swinnen : "Nous allons commencer par des inventaires. Ensuite, en fonction des espèces prioritaires que nous allons trouver, nous réaliserons un plan de gestion. Un plan qui sera suivi d'actions concrètes sur le terrain pour favoriser les espèces les plus menacées. On n'est qu'au début de l'inventaire et certains groupes sont plus facilement recensés que d'autres, mais au niveau des insectes ou des plantes, il y a encore du travail et sûrement de belles surprises à venir".

Après avoir été exploitée, la nature est désormais préservée. Dans les mois à venir, plusieurs activités dont des visites seront certainement organisées sur le site.

Sarah Heinderyckx

Retrouvez ci-dessous notre reportage en vidéo

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