Mont-Saint-Guibert: plus d'électricité et plus vite grâce aux ordures

La décharge de Mont-Saint-Guibert
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La décharge de Mont-Saint-Guibert - © RTBF

La décharge de Mont-St-Guibert est à la pointe dans la revalorisation des déchets. Depuis presque 20 ans déjà, elle récupère le gaz des ordures en décomposition et le transforme en électricité. Mais la nature est lente et les entreprises pressées. Aujourd'hui Shanks qui gère la décharge parvient à accélérer le processus de décomposition.

Pour qu'une décharge offre naturellement tout son potentiel de biogaz de décomposition, il faut des dizaines d'années, parfois plus d'un siècle en fonction du type de déchet. C'est trop long et produire de l'électricité avec ce gaz est donc moins rentable.

Depuis trois ans, à la décharge de Mont-Saint-Guibert, Shanks donne un petit coup de pouce à la Nature et injecte dans ses ordures de l'eau chargée en micro-organismes. Ils accélèrent la décomposition. "En injectant ces micro-organismes qu'on a sélectionnés, on attaque mieux les déchets nous dit Laurent Dauge, le responsable du site de Mont-Saint-Guibert, on va donc aller chercher le potentiel énergétique maximum de ces déchets.  Ca va nous permettre de produire plus vite, plus de gaz".

Énergie verte et stable

Ce biogaz est ensuite recueilli par 250 puits de dégazage placés partout sur la montagne de déchets. Le gaz est amené dans une petite centrale sur le site et transformé en électricité. Une énergie verte et surtout stable, elle ne dépend pas du vent ou du soleil par exemple. "Aujourd'hui, on produit 30 million de KwH par an, c'est la consommation de 10 000 foyers. Notre objectif c'est de maintenir cette production encore plusieurs années. Sans ce projet nous aurions une décroissance importante de la production puisque nous n'alimentons plus le site en déchets, la production devrait donc normalement naturellement diminuer".

Exporter le système à l'étranger

Ce projet d’accélération de la décomposition des ordures est toujours en test et la décharge de Mont-Saint-Guibert est un site pilote. L’expérience est chapeautée par le pôle de compétitivité GreenWin et rassemble une série d'acteurs multidisciplinaires : Shanks, des universités (UCL et ULg), une PME, une centre de recherche. A mi-parcours, les résultats sont encourageants selon les porteurs du projet. Cette technique de production de gaz pourrait bientôt être brevetée et pourrait servir dans d'autres décharges en Belgique puis à l'étranger. Le Sud de l'Europe notamment accueille beaucoup de sites d'enfouissement, il y a donc du potentiel.

Simon Bourgeois

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