Mons: une société de titres-services transformée en fabrique de masques

Mons : une société de titres-services transformée en fabrique de masques
Mons : une société de titres-services transformée en fabrique de masques - © Tous droits réservés

Chez Eko-Services, une bonne partie du personnel n’effectue plus son travail habituel. L’entreprise a investi dans des machines à coudre, et confectionne des masques destinés aux professionnels "de première ligne". Une manière de participer à l’effort collectif, mais sans en faire un "business lucratif" au passage.

Eko-Services est un "poids lourd" dans le secteur des titres-services. "Nous employons plus ou moins 1500 personnes, en tant qu’aides ménagères ou dans nos centrales de repassage", explique Eric Guyot. Ces derniers jours, les plannings sont totalement "chamboulés". "Beaucoup d’annulations, des clients ne veulent plus que l’aides ménagères vienne à leur domicile car ils sont confinés chez eux, certains membres du personnel craignent aussi d’être contaminés, nous recevons beaucoup de certificats médicaux…" Bref : plutôt que de fermer purement et simplement, ou de tourner à un rythme très très ralenti, Eric Guyot a eu une idée. "Vu la pénurie de masques auquel notre pays, les hôpitaux, sont confrontés, pourquoi ne pas fabriquer des masques ? Beaucoup de nos travailleuses, dans les centrales de repassage, ont une formation de couturière !".

La matière première fournie par un hôpital

Le patron d’Eko-Services a pris contact avec plusieurs hôpitaux. "L’un d’eux a pu passer commande, auprès d’un fournisseur, pour obtenir du tissu médical, en vrac. Prédécoupé, pour en faire des masques, mais à condition que des petites mains se chargent de la manœuvre". Tissu obtenu d’un côté, petites mains disponibles de l’autre : la collaboration se met en place. Ambition : parvenir à fabriquer un millier de masques par jour. "Ils seront distribués dans les hôpitaux, j’imagine au personnel chargé de l’accueil des patients et de la première ligne, peut-être aussi des infirmières à domicile, etc.".

Les masques en tissu, un "premier barrage"

Et pour le personnel d’Eko-Services ? "Nous avons démarré un partenariat avec une entreprise de travail adapté, située à Colfontaine. Là-bas on confectionne des masques en tissu. Cela sera destiné à notre personnel. Même si les masques en tissu ne sont pas aussi efficaces des masques de protection tel qu’on les utilise dans les hôpitaux, cela permettra déjà de faire barrage, ce sera un premier frein, pour le travail à domicile. Nous espérons que cette activité pourra reprendre le plus vite possible". Plusieurs milliers de masques devraient être distribués au personnel dans les jours à venir.

Eric Guyot précise qu’Eko-Services ne compte tirer aucun profit de l’activité "masques chirurgicaux". "Nous travaillerons à prix coûtant. Hors de question de faire la moindre marge là-dessus. Nous agissons avant tout dans l’intérêt collectif, un peu comme cela se fait en temps de guerre. Nos travailleuses font toute l’année un travail de service envers la population, ici c’est le cas également". Il espère que d’autres structures comme la sienne lanceront des initiatives similaires, pour mettre à disposition un maximum de masques dans les prochains jours.