Mons : un historien se spécialise dans la généalogie des bâtiments

Vous vous êtes certainement déjà posé des questions sur l'origine de votre famille, vous avez peut-être même envisagé d'établir un arbre généalogique. Mais la généalogie peut aussi s'adapter à votre habitation. C'est ce que propose un historien montois qui enquête sur l'origine, les habitants et l'évolution des habitations. 

Dans une petite rue de Mons, sur la façade d'une maison, luisent 4 chiffres de métal... 1566. Cette habitation abrite cinq siècles d'histoire. Au delà de cette date, Grégory Hoes, le propriétaire des lieux a voulu en savoir plus sur sa propre habitation : "J'adore l'histoire, mais je ne suis pas un spécialiste. Je ne sais pas où chercher pour avoir les bonnes informations. je me suis dit que l'idéal, c'était de faire appel à un historien qui puisse m'orienter un peu et en savoir plus sur l'habitation, les personnes qui y ont habité. Ce à quoi elle a pu servir dans le passé."

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Guillaume Blondeau mène l'enquête dans le jardin de Grégory Hoes © Vinciane Votron

Des indices architecturaux

Guillaume Blondeau vient de se lancer dans cette activité de généalogiste. Il a créé sa société "Origines". Il tente de remonter le temps en s'imprégnant des lieux : "Chaque maison que l'on découvre, ce sont des moments très émouvants évidemment. Surtout des maisons comme celle-ci. Ces maisons ont des âmes. On sent que ces pierres ont du vécu et nous racontent quelque chose. C'est ça aussi que j'essaye de transmettre à travers mon métier."Les aménagements récents de cette propriété ont permis de mettre au jour des éléments architecturaux originaux tels qu'une cheminée en pierre, des murs en brique, cachés jusqu'ici. La cage d'escalier est aussi un indice intéressant pour dater les différentes époques du bâtiment : "Cet escalier a quelque chose de particulier, c'est qu'il a été construit avec une poutre de chêne qui fait plus de 10 mètres de long qui parcourt l'entièreté de la maison d'un seul tenant. Ce type d'escalier, il y a d'autres exemples à Mons, on en trouve à partir du XVème, XVIème et XVIIème siècles. Après cela, on va privilégier les escaliers plus monumentaux avec des cages d'escalier plus grandes. Donc, c'est un élément qui nous renseigne sur l'histoire de la maison."

On mène l'enquête

Outre les biens mobiliers de la maison, cet historien de formation va aussi interroger les habitants du quartier pour poursuivre ses investigations. Il se rend également aux archives de la ville. C'est là qu'il va pouvoir consulter des sources variées : des registres de populations, des actes notariés, des plans de la villes. Tout cela avec beaucoup de minutie, ce qui prend du temps : "C'est une enquête policière. On essaye de trouver dans les archives des petits indices qui amènent à d'autres documents et ainsi, peu à peu, on arrive à dresser l'histoire du bâtiment, mais aussi l'histoire du quartier. on peut aussi retrouver dans les registres de population les différentes personnes qui ont vécu dans ce bâtiment, leur métier; s'il y avait un commerce, quel type de commerce, etc."

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Il reste des énigmes à élucider comme l'origine de cette fausse porte © Vinciane Votron

Des réponses aux énigmes 

Ce travail de recherche de plusieurs mois sera restitué dans un ouvrage à destination des occupants de la maison. Le forfait oscille entre 500 et 2000€, en fonction du type de bâtiment. Pour le propriétaire, c'est une manière de s'identifier au lieu qu'il occupe : "On cherche souvent l'histoire de sa famille, mais l'histoire de son habitation, c'est important aussi. Savoir ce qui s'est passé, c'est intéressant. Et puis, il y a pas mal de gens quand ils entrent chez moi qui me demandent à quoi a pu servir la maison. Ici, je vais enfin pouvoir leur donner une réponse."

Mais avant cela, il reste encore pas mal d'énigmes à élucider dans ce lieu qui regorge de surprises et de secrets qui ne demandent qu'à être dévoilés. 

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Les murs ont une âme © Vinciane Votron
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