Mons/Quévy: zone de police cherche policiers désespérément

Mons/Quévy: Zone de police cherche policiers désespérément
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Mons/Quévy: Zone de police cherche policiers désespérément - © Tous droits réservés

Une trentaine de policiers pourraient encore quitter la zone d'ici la fin de l'année. Recruter est devenu très difficile. La surcharge de travail et la paperasse rebutent les jeunes recrues, qui postulent souvent dans la capitale. Les perspectives y sont plus nombreuses, et les primes permettent d'arrondir les fins de mois.

Septembre est à nos portes, un mois généralement chargé, pour la zone de police qui voit ses effectifs à nouveau diminuer.

"J'ai dix-sept demandes de mobilité", explique le chef de zone montois, Marc Garin. "Dix-sept personnes qui veulent occuper d'autres fonctions, devenir par exemple maître-chien dans une autre zone, ou aller travailler à Bruxelles, à la police fédérale, ou se rapprocher de chez eux. Toutes ces demandes de mutation ne seront pas nécessairement satisfaites, mais il y aura des départs, c'est sûr".

S'ajoutent à cela 13 demandes de formation, pour accéder au grade d'inspecteur. "Le ministre de la justice donne la possibilité aux agents de se former, et monter en grade. C'est très bien. Mais j'ai 13 agents qui pourront suivre cette formation, car ils ont réussi les premiers tests, et ils vont partir pendant un an".

Marc Garin le sait, tous les gradés ne reviendront pas. La moitié, tout au plus, reviendront au bercail après leur formation. "Je vois des cadres partir également, car ils obtiennent des postes de chef de zone ailleurs. C'est très honorable. Je suis content pour eux. Mais à nouveau, ils quittent la zone". 

Les mentalités ont beaucoup évolué, constate Marc Garin. "Avant, on entrait dans la police avec l'envie de rester, au même endroit, pendant des dizaines d'années ! Vous aviez une réelle connaissance de la population, par les agents de quartier. C'est ce dont rêvent les hommes politiques. Mais à l'heure actuelle, les effectifs sont beaucoup plus mobiles. Ils acceptent d'aller travailler plus loin de chez eux, s'ils y trouvent d'autres avantages". Exemple : Bruxelles, et sa prime "grandes villes". Elle peut atteindre 500 euros net, par mois. Avec possibilité d'y ajouter une deuxième prime, pour les policiers bilingues.

Mieux payés à Bruxelles

"C'est attractif !, reconnaît Christophe Carpaccio, délégué du syndicat Sypol à Mons. A Bruxelles, les horaires sont aussi souvent plus réguliers. Dans pas mal d'équipes, vous avez des pauses de 12 heures. Cela fait plus d'heures à prester, mais ensuite vous récupérez plus longtemps, près de votre famille. Donc cela compense les trajets". "L'attractivité de Bruxelles pose question, il faudrait y réfléchir. Car cela peut donner lieu à des situations discriminatoires et générer des dysfonctionnements", poursuit Marc Garin. "Les communes autour de Bruxelles connaissent d'ailleurs bien le problème, elles voient leurs policiers partir vers la capitale, et n'ont pas d'autre contrepartie à offrir, pour contrer les avantages financiers. Il n'y a pas que la prime. Je remarque que d'anciens policiers montois qui ont rejoint la police fédérale à Bruxelles n'ont plus de PV à rédiger, donc pas de retard dans la rédaction de PV, ils ont une pression moins grande sur les épaules".

Pour Christophe Carpaccio, chef d'équipe chez Police Secours, un des problèmes de la zone Mons-Quévy est qu'elle offre assez peu de perspectives de carrière. "Vous avez le service proximité, le service enquête, le service intervention. Ce sont les 3 grandes possibilités. Mais au bout d'un moment, certains policiers ont envie de faire autre chose, et demandent leur mutation". Créer une nouvelle unité redonnerait "du souffle", et de l'envie à certains policiers. Mais pour le syndicaliste, le nœud du problème reste néanmoins la surcharge de travail. "Si vous avez plus de policiers, mettons 370 au lieu du cadre de 343 actuellement prévu, vous aurez moins de stress, des horaires moins lourds, moins d'heures sup'... Et cela rendra la zone plus attractive. Et le recrutement plus facile. Mais c'est le serpent qui se mord la queue..."

Des civils en renfort 

A court terme, Marc Garin espère recevoir quelques renforts, dans le courant de l'automne. Car ce n'est même pas une question de budget... 500 000 euros ont été "mis de côté", l'an dernier déjà, par la Ville de Mons. "Nous allons accueillir en octobre 20 nouvelles recrues, qui sont en fin de formation à l'académie de police. Cela sera déjà un ballon d'oxygène", explique le chef de zone. "Je vais également demander au Collège de police, ce mardi, la possibilité d'engager du personnel civil. Des non-policiers, donc, que nous pourrons affecter à des tâches qui sont actuellement gérées par des policiers. Je pense à des fonctions d'accueil, dans les commissariats. Décrocher le téléphone, au dispatching. S'occuper des demandes d'occupation de voirie, pour des déménagements, des événements festifs, ..."

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