Mons passe la "Nuit debout"

Première "Nuit debout" à Mons
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Première "Nuit debout" à Mons - © RTBF

Malgré le froid, une centaine de Montois ont veillé très tard ce samedi 16 avril pour leur première "Nuit debout" à Mons. Après Paris, après Bruxelles, Namur et Liège, le mouvement de protestation gagne de nombreuses autres villes belges. Le principe est le même partout. On discute librement de sujets politiques, mais sans afficher de couleur politique. Et on se réapproprie l'espace public.

A Mons, cet espace, c’est la Grand-Place. Les motivations des participants sont diverses. Il y a des curieux, des révoltés, des timides, des solidaires. Et parfois tout ça à la fois. Mais ce qui frappe, c'est le respect. Assis en demi-cercle, ces hommes et ces femmes, qui pour la plupart ne se connaissent pas, écoutent des citoyens qui prennent la parole. Histoire de ne pas interrompre mais d'exprimer tout de même son avis, les " facilitateurs " des " Nuits debout " proposent un code gestuel. On agite les mains quand on est d'accord, on forme une croix avec les bras pour dire "pas d'accord"... etc.

Barbe blanche et casquette sur la tête, un homme observe et apprécie cette démarche citoyenne : " je vois surtout beaucoup de personnes jeunes et je me réjouis de voir qu’elles s’impliquent dans l’avenir de notre société ". Des jeunes, parfois très jeunes comme Ina, une adolescente qui observe et écoute attentivement tout ce qui se passe: " en fait, ce qui m’a motivée à venir c’est de voir tout ce qui s’est passé en France, que les gens s’indignaient ". Nicolas Guilbau a participé aux " Nuits debout " de Bruxelles, il est content de voir que les Montois embraient : "les gens sont prêts à la fois à discuter mais aussi à s’impliquer. Certains ont déjà donné leur nom pour participer à des groupes de travail et à des groupes plus administratifs. Je suis content de l’engouement en tout cas ! "

De la politique sans partis

Ces discussions, à Mons, comme ailleurs, elles concernent notamment le travail mais aussi de la démocratie, les sans-abris, le gaspillage, les médias. Et quand nous demandons à une jeune fille ce qui la motive à passer cette nuit debout, dans le froid, elle nous renvoie la balle : " tous les jours, vous donnez des bonnes nouvelles pour qu’on soit motivés. Le débat démocratique n’est plus respecté nulle part (…) on étouffe toute volonté de solidarité, de soutien entre les gens et on a besoin pourtant d’être ensemble ".

La nuit est tombée. Les groupes de discussion sont déjà au travail. Ils définissent les thèmes sur lesquels débattre. Mais déjà on parle d’actions concrètes à mettre sur pied dans un second temps. " Je me demande si ça va tenir le coup sur la distance " – nous chuchote un participant. L’avenir le dira mais une chose est acquise, les Montois viennent de découvrir une nouvelle façon de faire de la politique... sans partis politiques.

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