Mons : les premiers agents de police armés dans les rues

C'était une décision du ministre de l'Intérieur Jan Jambon : depuis septembre dernier, les agents de police peuvent désormais être armés au même titre que leurs collègues inspecteurs. Une mesure qui entre en application petit à petit dans toutes les zones de police du pays. À Mons, les deux premiers agents viennent de finir leur formation et sont désormais armés sur le terrain.

Nouvelles habitudes

Depuis une semaine, l'agent Salih Kertik commence donc sa journée par un nouveau rituel. Dans un coffre sécurisé au sous-sol du commissariat, il récupère son arme à feu avant de prendre son service.

"On commence toujours par vérifier s'il n'y a pas une cartouche qui est restée dans l'arme, ça peut arriver. Une fois que c'est fait, on peut engager le chargeur dans l'arme et c'est parti pour la journée", explique-t-il.
 

On se sent plus en confiance

En onze années de carrière, c'est la première fois que ce policier montois peut patrouiller armé de la sorte. Avant, il ne disposait que d'une paire de menottes et d'un spray au poivre. Pour maîtriser sa nouvelle arme à feu et sa matraque télescopique, il a suivi 146 heures de formation. Un vrai plus pour cet agent habitué aux missions de circulation et qui s'est déjà retrouvé dans des situations dangereuses.

"Je me souviens d'une fois, on était deux agents non armés évidemment. On a poursuivi une personne armée. Il avait déjà tiré deux coups en l'air, on a été interpellés par des gens. On a prévenu le dispatching et on a quand même poursuivi l'homme, mais en retrait parce qu'on n'était pas armé. C'était moins sécurisant. Maintenant, on a beaucoup moins de problèmes. Bien sûr le risque zéro n'existe pas, mais on se sent plus en confiance", nous confie Salih Kertik.

Meilleure défense en cas d'agression

Un sentiment de sécurité partagé par son collègue Gaetan Giordano, inspecteur de police. Lui a toujours été armé, il peut désormais être couvert par l'agent Kertik en cas d'interpellation, mais pas seulement.

"Si je me fais agresser", précise Gaetan Giordano, "il n'avait pas beaucoup de moyens pour me défendre, tandis que maintenant on sait qu'on peut compter sur quelqu'un d'armé qui pourra réagir rapidement en cas d'éventuelle attaque terroriste par exemple".

Une victoire

C'est d'ailleurs ce type d'attaque sur deux policières de Charleroi l'an dernier qui a précipité la décision du ministre de l'intérieur. Une décision attendue de longue date par le chef de corps de la zone de police Mons-Quévy Marc Garin.

"C'est une victoire", déclare-t-il, "parce que quand on a trente agents de police qui n'étaient pas armés jusqu'à présent... Pour nous c'est un atout supplémentaire en termes de sécurisation de notre personnel et en termes de sécurisation des gens".

Il faudra encore plusieurs mois pour former les 1 500 agents du pays, mais tous pourront à terme, comme Salih Kertik, être mieux armés dans leur exercice quotidien.

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