Mons: les ossements découverts seront cachés, collectés et enfouis dans un ossuaire

Des ossements humains qui datent du 12e au 18e siècle ont été mis au jour sur un chantier à Mons.
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Des ossements humains qui datent du 12e au 18e siècle ont été mis au jour sur un chantier à Mons. - © P.W. - RTBF

Au départ, il s'agissait d'un petit chantier montois: la reconstruction d'un mur du 12e siècle, partiellement effondré en 1995. Et en excavant des terres en vue du coulage d'une dalle... les ouvriers sont tombé sur un os. Et pas qu'un seul, en réalité. Normal, sur un ancien cimetière. La pelleteuse a continué son oeuvre, mais à un moment donné, il a fallu se rendre à l'évidence. Face à la quantité de crânes, tibias et autres petits ossements découverts... le chantier a été suspendu.

« Il y a des milliers d'ossements », explique Marceline Denis, archéologue de l'Agence wallonne du Patrimoine. « On peut observer six niveaux d'inhumation. Ce cimetière dépendait de la paroisse de Saint-Germain. Il était en fonction du 12e au 18e siècle ».

Des experts sur place jeudi matin

Elle fait partie des experts qui sont venus se rendre compte de la situation sur place, jeudi matin, et aider le maître d'ouvrage - l'immobilière sociale Toit & moi - et l'auteur de projet - l'atelier d'architectes et associés Dupire-François - à trouver une solution.

Comme l'existence de cet ancien cimetière était connue, les responsables du chantier auraient dû alerter la Région wallonne au préalable. Et la personne de référence dans ces cas-là, c'est Xavier Delforenne, de la Cellule de gestion du Patrimoine funéraire de Wallonie. La priorité, maintenant, selon lui, c'est de sécuriser et de bâcher le site afin d'empêcher qu'on ne voie les os depuis la rue de la Terre du Prince, voire qu'on ne vienne visiter le site.

Un ossuaire sur place

Ensuite, il faudra collecter les ossements et les placer dans un ossuaire comme le prévoit la législation wallonne. Une entreprise spécialisée viendra tamiser les terres de remblai. Ici, l'ossuaire sera vraisemblablement installé sur place. Et un monument - une plaque informative ? - signalera sa présence.

Les premiers à occuper le site dans les prochains jours, ce seront les archéologues. Ils effectueront quelques prélèvements concernant le cimetière. Mais c'est surtout le mur de l'enceinte comtale qui les intéresse, en réalité. « Ces prélèvements nous permettront de mieux connaître l'usage des matériaux et les techniques de construction du 12e siècle », précise Marceline Denis.

On ne creuse plus dans le talus

Une fois les ossements évacués, le chantier de reconstruction du mur pourra reprendre. Un mur en béton pourvu de moellons de pierre, côté rue. Côté jardin, le talus aurait dû être creusé à 45 degrés selon les plans. Seule une fraction des volumes prévus a déjà été retirée. « Mais on n'y bouge plus », assure Emmanuel Ramirez, l'architecte, pas fâché d'entrevoir la sortie de cette embarrassante histoire d'os.

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