Mons: les Grands Prés s'étendent et se présentent comme le plus grand centre commercial wallon

L'aspect extérieur du centre commercial a aussi changé
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L'aspect extérieur du centre commercial a aussi changé - © S. Vandreck

Celui qui n’a plus mis les pieds depuis l’an dernier dans le centre commercial montois pourrait être un peu dépaysé. Un magasin Ikea est désormais accolé à la galerie d’origine. Il a ouvert ses portes en février dernier. Dans son prolongement ont vu le jour 7 enseignes consacrées à l’aménagement de la maison et aux loisirs (Krëfel, Maisons du Monde, Intersport…), sous la forme d’un "retail park" inauguré ce 17 août. À l’autre extrémité de la galerie, au-delà de la partie "restaurants", 16 autres enseignes, plutôt dans le secteur textile ouvrent également leurs portes.

"Mais tout le monde n’est pas prêt, c’est dommage", regrettent plusieurs commerçants. Et c’est vrai qu’en se baladant dans l’extension de la galerie, beaucoup de nouvelles enseignes annoncent leur ouverture pour fin août ou début septembre, alors que leurs voisins ont déjà leurs vitrines et rayonnages bien garnis. "Tout est loué", insistent les représentants de City Mall, le groupe immobilier promoteur des Grands Prés.

Une extension sous conditions

Olivier Laurent, lui, ouvre ce mercredi sa bijouterie. Il prépare son magasin avec fébrilité. C’est une affaire familiale : "Nous sommes dans les shoppings depuis plus de 45 ans, avec une enseigne au Cora de Châtelineau, raconte-t-il. Nous avons vu qu’une petite cellule se libérait ici et nous avons sauté sur l’occasion. Ça n’a pas été facile, les places sont très convoitées et les loyers importants, mais nous n’avons pas à nous plaindre de notre situation : il y a beaucoup de passage ici, plus qu’en centre-ville". Le bijoutier se réjouit aussi d’être le voisin de grosses locomotives commerciales comme Superdry ou H&M, qui double sa surface aux Grands-Prés. Les commerces sont d’ailleurs de relativement grande taille dans cette partie de la galerie.

"C’était une des conditions à l’extension des Grands-Prés, rappelle l’échevin montois du commerce Nicolas Martin. Il fallait qu’aucune enseigne n’occupe une surface inférieure à 200 mètres carrés, que cette partie soit consacrée à 80% maximum à l’équipement de la personne et qu’aucune enseigne présente en centre-ville ne soit transférée ici." L’objectif de la Ville étant évidemment de préserver le commerce dans le centre historique de Mons.

70 millions investis aux Grands Prés, 7 en centre-ville

Il faut dire qu’en chiffres, cette extension a de quoi impressionner. City Mall présente la nouvelle mouture des Grands-Prés comme "le plus grand développement commercial de Wallonie". En 2003, lors de son inauguration, le centre commercial occupait déjà 37 000 m² de surfaces commerciales, hypermarché Carrefour compris. Aujourd’hui, avec Ikea et le retail park, les surfaces de vente totalisent 81 000 mètres carrés. 1500 personnes y sont occupées, essentiellement dans la vente et le gardiennage. Et le promoteur table sur un nombre de visiteurs annuels de 8 millions, soit près de deux fois plus qu’il y a treize ans.

L’investissement du groupe City Mall est à la hauteur : 70 millions d’euros (hors Ikea et retail park). Un investissement qui concerne aussi le centre-ville : 7 millions d’euros seront consacrés à la rénovation d’une surface de 1400 m² au milieu du piétonnier (l’ancien magasin Mexx et les deux cellules voisines). Le permis vient d’être accordé et des négociations sont en cours avec une grosse enseigne. Avec le projet Primark, l'annonce d'un projet commercial pour les anciennes galeries Anspach, et la rénovation par la ville d'une dizaine de cellules destinées aux petits commerces indépendants, le cœur de Mons pourrait enfin retrouver son dynamisme à l'horizon 2019.

3 questions à Patric Huon, CEO de City Mall

La présence d’Ikea aux Grands Prés a-t-elle pesé dans la balance pour faire venir les nouvelles enseignes ? "Oui et non. C’est un évidemment un grand confort pour faire venir des enseignes, côté ouest, autour de l’équipement de la maison. D’ailleurs le retail park qui s’ouvre va aussi dans ce cens. Par contre, pour ce qui est du secteur de la mode, c’est plutôt le shopping center en tant que tel et sa performance qui a tiré cette extension vers la mode. Il est cela dit trop tôt pour dire si l’arrivée d’Ikea a attiré de nouveaux clients ailleurs dans le centre commercial, le chantier n’est pas encore tout à fait fini. Mais je peux vous déjà dire que certains commerçants voisins d’Ikea nous parlent d’une augmentation de chiffre d’affaire assez significative, de l’ordre de 20% pour certains, ce qui n’est quand même pas trop mal ".

Les Grand Prés enregistrent un taux d’occupation de 100%, alors que les cellules vides ne cessent de se multiplier en centre-ville. Les nouvelles enseignes qui ouvrent aujourd’hui aux Grands Prés n’auraient-elles pas pu s’installer en centre-ville ? "Dans la conjoncture actuelle, non. Il faut savoir que les enseignes de shopping centers sont de grandes mangeuses d’espace. Ici, la taille moyenne des surfaces est de 300 m², alors que dans le centre-ville, les surfaces de vente moyenne sont trois ou quatre fois moins importantes. Ce que nous faisons donc aujourd’hui, c’est d’associer plusieurs cellules pour créer des surfaces plus grandes. Cela a ses limites mais ce n’est pas grave, pourvu qu’il y ait un nombre de locomotives importantes. Ce qui va faire la différence dans un centre-ville, c’est la qualité, qui n’a pas forcément besoin de beaucoup d’espace".

City Mall a déjà investi 7 millions d’euros en dans le redéploiement du centre-ville en 2003. Cela n’a pas vraiment eu l’effet escompté… "Cela a eu de l’effet en termes immobiliers. Nous avons permis la rénovation d’une vingtaine de bâtiments : le grand poste, le début de la rue des Fripiers, un bâtiment en face de la gare… Ce sont des chancres qui ont disparu du paysage Avec le fonds Mons Appui, fonds d’investissement pour aider les jeunes commerçants, nous avons aidé 42 commerces et, aux dernières statistiques, il en existerait encore 35. C’est vrai qu’on n’en a pas beaucoup parlé, mais ‘ils n’existaient pas aujourd’hui, on serait encore plus mal en point dans le centre-ville. Aujourd’hui, on doit rentrer dans le dur du dur, qui est de créer des enseignes".

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