Mons : les étudiants se mobilisent pour le retour dans les auditoires

Plusieurs dizaines d’étudiants se sont réunis ce mercredi après-midi pour scander leur colère. Ils réclament un retour progressif dans les auditoires. Sur le campus de l’UMons, on pouvait lire sur les pancartes "les étudiants n’ont plus de batterie", pour exprimer le ras-le-bol de suivre les cours derrière leurs ordinateurs. Deux jours avant le prochain comité de concertation, la mobilisation à l’initiative de la Fédération des étudiants francophones (FEF) n’est pas anodine.

"On demande au comité de concertation de prendre en compte la détresse des étudiants et de nous permettre de retourner en présentiel à hauteur de 20% au minimum", explique Chems Mabrouk, présidente de la FEF. L’absence de décisions lors de la dernière réunion du comité de concertation ne passe pas, "ça a été une douche froide. Nos demandes ne sont pas des envies ou des caprices, on ne peut plus continuer à nous dire bientôt. On sait aujourd’hui que 80% des étudiants se disent fragilisés psychologiquement par la crise sanitaire et 60% qui se disent en décrochage scolaire", ajoute Chems Mabrouk.

Une situation intenable

Globalement, la bonne ambiance régnait lors de la manifestation qui, même en étant à l’UMons, rassemblait des étudiants venus de toutes les institutions d’enseignement supérieur de Mons et même de Tournai. Les associations de représentation facultaires étaient présentes aux côtés des cercles folkloriques dont les membres étaient parés des oripeaux de guindailles : toge, tablier, couvre-chef, … Tous, chantaient, sautaient, dansaient pour alerter les autorités.

" Je vis dans un studio donc je mange, je dors, je suis mes cours et j’étudie dans 10 mètres carrés", nous confie Agathe, étudiante en traduction interprétation, armée de sa pancarte où l’on pouvait lire "l’étudiante en moi est morte le 13 mars 2020". Nicolas qui étudie la chimie est quant à lui très en colère, "depuis le début de cette pandémie, l’enseignement a toujours été mis au second plan. On ne nous considère pas, on nous méprise", dit-il, "même les professeurs nous le disent, derrière un écran on ne sait pas reprendre si on s’aperçoit que vous êtes en difficulté", regrette-t-il.

La demande du retour en présentiel n’est pas seulement une question de décrochage scolaire mais aussi de détresse due au manque de relations sociales. "Le retour en présentiel ça va aussi avec le retour des bars et des guindailles parce que les rassemblements étudiants ça nous aide beaucoup à faire autre chose. On n’a rien à côté pour se divertir, on a juste les cours, les cours, les cours", explique Antoine, étudiant à la faculté polytechnique.

Pour y voir plus clair sur ce qu’il adviendra du reste de l’année académique, les étudiants et étudiantes devront patienter au moins jusqu’à vendredi, date du prochain comité de concertation.

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