Mons: le relooking du Mundaneum

Qui n'utilise pas Google aujourd'hui? Hé bien, figurez-vous qu'à la fin du 19ème siècle, déjà, les moteurs de recherche étaient en projet. A Mons, Paul Otlet et Henri Lafontaine imaginent un " répertoire bibliographique universel ", constitué de millions de petites fiches, classées dans des armoires à tiroirs.

L'ancêtre de Google et consorts

Vous vouliez tout savoir sur l’anarchisme? ou, pourquoi pas, les nénuphars? une rivière? Il suffisait de faire jouer les tiroirs pour satisfaire sa soif de connaissances. Ces armoires à tiroirs (reconnues par l’Unesco en 2013) constituent l’attrait numéro un du Mundaneum. Pas d'inquiétude: elles y sont toujours. "La sphère de François Schuiten, également", précise Emilie Thiry. "L'espace muséal a finalement très peu changé". Quoi de neuf, alors? Des surprises? "Peut-être pas des surprises, mais tout d'abord de nouveaux outils interactifs pour découvrir le Mundaneum!".

Des jeux vidéo au musée

Une borne interactive sera bientôt installée à l'intérieur du musée. Elle répondra aux questions que se posent le plus souvent les visiteurs, lorsqu'ils franchissent le seuil du musée. "Qui étaient les fondateurs? Où allaient-ils chercher leurs idées? A quelle période ont-ils vécu? etc" Les visiteurs recevront des fiches "factices", leur permettant de comprendre ce fameux système de répertoire bibliographique, mis au point par Paul Otlet et Henri Lafontaine.

Autre nouveauté? Une table interactive, pour concocter soi-même un documentaire sur le Mundaneum, "en utilisant des archives prêtées par TéléMB et la RTBF", précise Emilie Thiry. Les amateurs de jeux vidéo seront ravis de recevoir une tablette, le temps de leur visite. "Elle sera pourvue d'un tout nouveau jeu vidéo, un serious game. Au cours de la visite, le jeu émettra parfois un son, signalant au visiteur qu'une animation est disponible".

Six kilomètres d'archives

6 images
En sous-sol, les nouvelles armoires aux archives © Charlotte Legrand
Les salles de lecture © Charlotte Legrand

Voilà pour les nouveautés au sein du musée. "Mais ce sont surtout les espaces annexes qui ont pris de l'ampleur et amènent une plus value au Mundaneum". Un étage plus bas, la "cave aux archives" a bien grandi, en effet. Il a fallu creuser sous la cour intérieure. Les archives s'étendent désormais sur 500 mètres carrés, rangées dans des armoires aux allures de coffre-fort. "Savez-vous que nos archives, mises bout à bout, couvriraient un trajet de six kilomètres?" Nous nous mettons à imaginer une ribambelle de cartes postales, d'affiches, de livres et de diapositives... "Nous accueillons des chercheurs du monde entier, dans ces couloirs", précise Emilie Thiry. Paul Otlet et Henri Lafontaine se passionnaient pour des thématiques très variées, "collectionnant des documents sur l'anarchisme, le féminisme, la presse, le pacifisme, etc!" Les chercheurs de passage n'avaient jusqu'ici pas de véritable salle de lecture. C'est chose faite, désormais. "Nous pouvons les accueillir dignement!"

En traversant la cour intérieure, nous apercevons une ouverture. "C'est un hublot", précise notre "guide". "Le public peut jouer les curieux et regarder ce qui se passe dans notre salle d'archive". De ce point d'observation, nous avons vue sur les travaux les plus impressionnants. Le Mundaneum est désormais flanqué d'une annexe moderne. "Elle accueillera en priorité les groupes et les enfants. Tout en haut, un espace baptisé Utopia sera réservé aux conférences, aux débats et aux expériences en tous genres".

Le compte à rebours est lancé. Plus qu'un mois avant l'ouverture des portes et le lancement de la nouvelle exposition ("Mapping knowledge: comprendre le monde par les données"). Un mois? Cela semble "juste", à première vue. Mais à Mons, on a connu bien des chantiers ces derniers temps. Et souvent terminés...à la dernière minute.

Charlotte Legrand

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK