Mons lance une nouvelle monnaie pour doper le commerce local

Dès jeudi - et pendant dix jours - il sera possible de payer ses produits équitables en ropi, une nouvelle monnaie en test à Mons.
Dès jeudi - et pendant dix jours - il sera possible de payer ses produits équitables en ropi, une nouvelle monnaie en test à Mons. - © Flickr - Isabelle + Stéphane Gallay

Ce jeudi marque le coup d’envoi de la Semaine du commerce équitable. Pendant dix jours, une cinquantaine d’activités seront organisées un peu partout en Belgique pour promouvoir ce commerce plus ''juste''. Mons participe également à la fête. Elle lance un nouveau type de monnaie. Son nom : le ''ropi''.

Le nom choisi pour désigner cette monnaie n’est pas le fruit du hasard. Il fait allusion au ''ropieur'', un personnage que les Montois connaissent bien. ''Le ropieur, nous dit Michel Vasco (directeur adjoint de l'Office du tourisme), c’est notre Ketje à nous, notre titi. Il représente la verve, la gouaille, la joie de vivre du gamin des rues de Mons (NDLR : Le jardin du mayeur abrite une fontaine qui lui est consacré). Aujourd’hui encore, les gamins montois, on peut les appeler des ropieurs.''

Ce ropieur a déjà donné son nom à une chanson, un café, une crèche. Voilà maintenant qu’il le fait pour une monnaie, le "ropi". 6 000 billets sont mis en circulation dès ce jeudi. Et tout va démarrer de l'école du Nursing. Les élèves seront un peu les cobayes de cette expérience.

Le ropi, comment ça marche?

Nous avons posé la question à quelques élèves de sixième technique sociale. ''J’ai acheté un ropi pour 97 cents. Je vais pouvoir l’utiliser dans les commerces locaux. Il vaudra un euro (…) Cela va peut-être faire une économie de trois cents mais au bout du compte, on pourra économiser beaucoup d’argent.''
Que peut-on acheter avec le ropi ? ''Des sandwiches, des chocolats… bref, n’importe quel produit équitable.'' Le ropi s’achète mais se gagne aussi.

Doper le commerce local

Le but de cette initiative n’est pas de trouver une solution crédible pour remplacer un euro malmené depuis des mois. Ici, on cherche surtout à doper le commerce local.

Une dizaine de magasins montois jouent le jeu dans l'espoir que le succès soit au rendez-vous, comme en Bavière. En Allemagne justement, dans la petite ville de Traunstein, une monnaie complémentaire locale, appelée le ''chiemgauer'', est utilisée depuis 2003. Elle fait un tabac. Christophe Levannier est franco-allemand, il est responsable de chiemgauer : ''Incontestablement, cela marche. La monnaie et sa plus-value restent dans la région. Cela crée des emplois. En même temps, cela crée des liens dans la région : les entreprises coopèrent avec les associations, les consommateurs. En 2010, les entreprises ont fait quatre millions de chiffre d’affaires en chiemgauer. Le chiemgauer, c’est tout simplement un moyen de paiement. Certains utilisent des cartes bancaires, d’autres utilisent des bons. On peut aussi utiliser des chiemgauer.''

Christophe Levannier parle même de sponsoring. En Bavière, pour chaque chiemgauer échangé, un petit pourcentage de la somme va à des associations.

Lorsque les commerçants vont échanger leur ropi à la banque, quelques pourcents sont prélevés. C'est aussi le principe du ropi : se servir des bénéfices pour financer des projets locaux.

 

 

Charlotte Legrand, Isabelle Palmitessa, Xavier Van Oppens

 

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