Mons : l'ancien entrepreneur François Ghoyère placé sous mandat d'arrêt

Chantiers abandonnés, factures impayées, faux en écriture… Les plaintes à l’encontre de François Ghoyère se sont multipliées ces derniers mois. Bien connu en région montoise, l'homme possédait une société de construction. Il s'était également présenté sur les listes Agora-cdH, à Mons, aux dernières élections communales. Une vingtaine de personnes se sont déjà constituées parties civiles, côté belge. D’autres faits d’escroquerie, commis en France, seront jugés très bientôt. 

"Le remboursement des dommages, on n’y compte plus vraiment. Mais qu’au moins tout cela s’arrête ! Et qu’on reconnaisse le tort qu’il nous a fait. Nous sommes des victimes, pas des harceleurs, ni des mythomanes !". Celle qui accepte de témoigner dit avoir perdu plus de 5000 euros, à cause de l’ex-entrepreneur montois (sa société est désormais en faillite). Les travaux promis, et payés en partie, n’ont pas été effectués comme convenu. "Il a tout commencé. Tout cassé. Et puis plus rien. Comme d’autres, nous avons été laissés dans l’embarras pendant des mois et des mois". Elle s’est constituée partie civile, collectivement, avec 11 autres particuliers. "La plupart d’entre nous avons eu des problèmes lors d’un chantier", raconte un des plaignants. "Au début, on reçoit une excuse, puis une deuxième, une troisième. François Ghoyère a toujours une bonne raison de ne pas venir. Maladie, décès d’un proche, manifestation de gilets jaunes… ! Puis on se dit que ce n’est pas possible, qu’on se fait mener en bateau. Et on découvre avec stupéfaction l’ampleur de ce qu’il a fait, autour de nous !" Les témoignages ciblent François Ghoyère, mais aussi son épouse Céline Gallez. Le traiteur de leur mariage figure d’ailleurs au nombre des parties civiles. Une note de 18.000 euros est toujours en souffrance. Le 4x4 de François Ghoyère est resté en gage. Il est immobilisé depuis des mois. D’autres plaintes concernent des faux en écriture qu’aurait produits le couple. "Je suis tombée sur des courriels, que je n’ai jamais écrits. Mais qui étaient signés de mon nom. J’ai porté plainte", explique une avocate.

Plusieurs chefs d'inculpation

L’enquête est toujours en cours. "Elle ne fait que commencer", précise-t-on au parquet de Mons. François Ghoyère a été placé sous mandat d’arrêt le 22 janvier. Il est inculpé notamment d’escroqueries et de faux et usage de faux. Les auditions se multiplient. Une cinquantaine de personnes ont déjà été approchées."J’ai été appelé ce matin", confirme une des parties civiles, "les enquêteurs m’ont interrogé à propos d’anciens extraits de compte. Un montant qui aurait dû m’être versé, et dont je n’ai jamais vu la couleur. J’ai porté plainte, même si je sais que je ne reverrai sans doute jamais mon argent !". Le collectif de plaignants a créé une page Facebook, "pour partager les informations ou renseigner d’autres éventuelles victimes".

 

 

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D'autres escroqueries commises en Haute-Savoie? © Wiki commons

En France aussi

Parallèlement, dans l'Hexagone, une autre enquête a eu lieu. Elle est désormais clôturée. Un procès est en vue. François Ghoyère doit d'ailleurs comparaître à Annecy le 7 février. On lui reproche également des faits d’escroquerie. Lors de précédentes vacances, le couple n’aurait pas réglé toute une série de frais. Frais d’hôtel, de gîte, de location de voiture, et même des achats dans une boucherie. "Chaque fois, ils invoquaient des excuses bidon, et ils étaient tellement convaincants qu’ils réussissaient à ne pas payer", raconte une source proche d’une victime française. C’est la gendarmerie française qui a sifflé la fin des vacances, en interpellant François Ghoyère à l’hôtel, dans la ville de Thônes, le 14 août.

"C’est totalement rocambolesque", conclut une des parties civiles. "Une histoire pareille, vous la donnez à un scénariste d’Hollywood, il vous la remballe. C’est trop gros. Et pourtant, ça s’est bien passé comme ça".

Première audience, devant le Tribunal de Grande Instance d’Annecy, ce vendredi.

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