Jardiniers amateurs et professionnels en ont assez de la pluie

Les membres du Cercle horticole de Nimy n'ont pas tous été logés à la même enseigne
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Les membres du Cercle horticole de Nimy n'ont pas tous été logés à la même enseigne - © S. Vandreck

Thierry Temmerman, entrepreneur de jardins à Ghlin, n’est pas sorti sur ses chantiers ce vendredi. La pluie tombait à seaux dès le matin. Il a donc demandé à ses trois ouvriers de rester chez eux. Les entreprises de jardin ont droit à 40 jours de chômage intempéries par an. Depuis le début de cette année, il en a déjà accordé une vingtaine. "Je perds de l’argent du fait que, moi, je n’ai aucune rémunération quand mes ouvriers sont en chômage intempéries, mais eux touchent quand même une grosse partie de leur salaire", explique-t-il. Ce n’est pas le seul manque à gagner: " Si nous sortons malgré tout, nous mettons des vêtements de pluie mais c’est impossible de tondre les pelouses. Nous nous consacrons alors aux tailles de haies. Mais nous mettons plus de temps. La rentabilité n’y est pas".

"La végétation ne s’arrête pas!"

Autre souci pour l’entrepreneur : il devra rattraper le temps perdu. "On prend beaucoup de retard. On aurait dû engazonner il y a déjà un mois, mais quand les terrains sont trop boueux, les machines ne passent pas. Le problème, c’est que tout va s’accumuler: les tontes, les engazonnements, les tailles… Tout pousse ! La végétation ne s’arrête pas". Il lui faut aussi convaincre certains clients qu’il est parfois impossible de passer faire l’entretien avant leur réception du week-end. "Certains sont compréhensifs mais d’autres sont un peu plus difficiles et n’acceptent pas qu’on ne passe pas", regrette-t-il. Thierry est aussi sollicité par de nombreux privés qui ne s’en sortent plus dans leur jardin.

Les fraises, les oignons, les courgettes pourrissent

Philippe Defourny, lui, a plus de chance. Son potager, à Saint-Denis, est bien à l’abri des intempéries. "Je suis protégé par une haie et des murs, ce qui fait que la chaleur reste". Le lauréat du concours provincial de jardins 2015 déplore néanmoins la qualité de ses oignons: "La récolte ne sera pas bonne. Ils pourrissent, ne grossissent pas. Il y a trop d’eau". Philippe fait partie du Cercle royal horticole de Nimy, une institution qui vient de fêter ses 100 ans et compte près de 400 membres. Certains d’entre eux cultivent une parcelle d’un potager collectif, près de la voie ferrée à Nimy. Son président, Jean-Jacques Haesevelde, a évalué les dégâts: "C’est incroyable le nombre de fraises qu’on devrait récolter mais elles pourrissent. Des haricots qui ont à peine vu le jour deviennent tout jaunes. Les courgettes ‘’fondent’’ à cause de la pourriture". Et puis, il y a la frustration du jardinier amateur de ne pas pouvoir sortir pour s’adonner à sa passion. Il faut sortir entre les averses, parfois tôt le matin, parfois tard le soir", répond Philippe, philosophe. Il remet d’ailleurs son titre de meilleur jardinier du Hainaut en jeu cette année.

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