Mons-Charleroi: des jeunes remis sur les rails de leur avenir professionnel

Les jeunes ont été coachés pendant 6 mois par des accompagnateurs du Forem, de la FGTB et de la CSC
Les jeunes ont été coachés pendant 6 mois par des accompagnateurs du Forem, de la FGTB et de la CSC - © S. Vandreck

Ils ont entre 18 et 25 ans et ne sont ni en formation, ni aux études et ne travaillent pas non plus. On appelle ces jeunes les "NEETS" (not in education, employment or training). On estime qu'en Wallonie, un jeune sur six est dans cette situation. Ce public préoccupe le FOREM et les syndicats. 39% d'entre eux n'ont en poche que le CEB, moins d'1% un diplôme d'études supérieures. Démotivés, mal orientés, peu expérimentés et en risque de perdre leurs droits aux allocations d'insertion, ces jeunes n'ont pourtant souvent besoin que d'un petit coup de pouce, afin d'être remis sur les bons rails.

Je ne savais plus vers quelle voie aller. Je me sentais exclue, en proie au jugement des autres

Il y a deux ans, à Mons et Charleroi, a vu le jour un projet appelé "Coup de boost", initié par le Forem, la FGTB et la CSC. 219 jeunes ont été accompagnés dans ce cadre, pendant une durée de six mois. "On essaie de travailler l'ensemble des aspects du projet du jeune, précise Paul-Louis Colon, chef de projet au Forem, pas seulement sa recherche d'emploi, mais aussi la confiance en soi, le développement personnel, la prise de parole. C'est pourquoi nous avons notamment intégré des ateliers slam, qui sont aussi une respiration dans le processus". L'idée est d'amener ces jeunes à reprendre le chemin d'une formation, voire de décrocher un emploi. Anne, 25 ans et diplômée en tourisme, vient ainsi de signer un contrat, après cinq ans de galère: "Mes recherches ne menaient à rien. J'ai suivi des formations, fait des petits jobs, des stages. Rien ne me menait à un vrai contrat. Je ne savais plus vers quelle voie aller. Je me sentais exclue, en proie au jugement des autres, car un chômeur est vu comme un fainéant". La jeune femme a trouvé dans ces ateliers la discipline et le soutien qui lui manquaient et, au final, un job. 

Des résultats positifs

Jordy, lui, n'a que son CESS en poche, option comptabilité, depuis 2012. "J'ai voulu continuer dans le supérieur dans cette voie-là. Mais j'avais du mal en néerlandais et en droit. J'ai stagné en deuxième année, avant de décider de trouver du travail, sans beaucoup de succès", raconte-t-il. Aujourd'hui, après avoir fait le bilan de ses compétences et repris confiance en lui, il recherche un emploi comme employé administratif, aide-comptable ou réceptionniste et commencera un bac en informatique aux cours du soir en septembre, "ce qui correspond plus à ce que je veux faire en réalité". Tous les participants n'ont donc pas décroché en emploi au terme de leurs six mois d'accompagnement, mais les accompagnateurs considèrent pourtant le résultat de l'expérience comme très positif: "C'est satisfaisant car on a pu avancer avec eux dans la construction de leur projet, leur donner des outils, faire de la remise à niveau en français, résoudre des problèmes de mobilité... Ils sont donc dans une bien meilleure dynamique que quand ils sont entrés", poursuit Paul-Louis Colon. Sur les 144 jeunes qui ont terminé leur accompagnement, 27 ont trouvé un emploi, 51 ont repris leurs études ou entamé une formation, alors qu'au départ beaucoup se trouvaient dans l'impasse.

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