Mons : 48h pour concevoir un jeu vidéo pédagogique

Un "escape game" pour s'initier à la physique optique
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Un "escape game" pour s'initier à la physique optique - © S. Vandreck

Dans la grande salle du Microsoft Innovation Center, les mines sont fatiguées, mais l’ambiance est détendue. En tenue relax, munis de leurs sacs de couchage et de bonnes doses de café, la centaine de participants, répartis en 20 équipes, a pour mission depuis vendredi de concevoir un jeu vidéo. C’est ce qu’on appelle une "Game Jam". Le défi est de taille, d’autant qu’ici les concepteurs ont une contrainte supplémentaire: le jeu créé doit être à vocation pédagogique et pouvoir être utilisé dans les écoles. "Mais faut que ce soit un vrai jeu, que l’aspect ludique l’emporte sur l’aspect sérieux, insiste Pascal Balancier, de Digital Wallonia, l’un des organisateurs du concours. La plupart des jeux vidéo éducatifs n’ont pas trouvé cet équilibre, et sont donc ratés. Tout le challenge est d’identifier un objectif d’apprentissage clair et de trouver la mécanique de jeu qui convient pour procéder à cet apprentissage".

Jouer pour apprendre les langues ou la physique optique

C’est pour cette raison que les équipes ne sont pas composées uniquement de spécialistes du jeu vidéo, étudiants ou professionnels. Ces développeurs, graphistes, sound designers… se sont adjoints les compétences pédagogiques d’enseignants ou de futurs enseignants, pour définir les objectifs d’apprentissage et conseiller les concepteurs pour que le jeu soit utilisable en classe. Les échanges sont enrichissants de part et d’autre. "Ça m’intéresse car je trouve que le jeu est sous-exploité dans le domaine de l’éducation", commente Maxime, jeune diplômé d’Arts² à Mons. Son équipe peaufine un jeu intitulé "On the word again", qui permet d’apprendre l’anglais en parcourant une route virtuelle à vélo. Apprendre les langues, le français, les mathématiques ou même la musique, tout est possible. L’équipe d’Hellion Cat, un jeune studio basé à Mons, a quant à elle conçu un jeu basé sur la physique optique: "On a codé tous les phénomènes de physique, avec leurs vraies fonctions mathématiques, tels que la réflexion, la réfraction, l’utilisation de focales. Par la suite, le professeur peut expliquer les différents phénomènes observés et donner la théorie", explique Ludovic Mahieu. Le jeu reste très ludique grâce à la 3D et à son principe proche des escape games: résoudre des énigmes pour ouvrir des portes et passer d’une pièce à l’autre.

On commence à découvrir qu'avec le jeu on apprend!

Les gagnant seront aidés à promouvoir leur jeu auprès du monde enseignant. Un sacré challenge, car le jeu peine encore à faire son entrée dans les écoles: "C’est très compliqué car, culturellement, on a tendance à considérer que le jeu est quelque chose d’inutile, une perte de temps. On l’accepte avec les enfants, moins avec les plus grands. Mais le jeu commence à rentrer dans les écoles, car on commence à découvrir qu’avec le jeu, on apprend!", constate Julien Annart, fondateur du projet Gaming Out et co-organisateur de l’événement. Un groupe de rhétos s’est d’ailleurs timidement mêlée aux candidats, en menant son propre challenge. Si le jeu sur l’évolution des espèces mis au point Alexandra et ses élèves met un peu plus de temps à se concrétiser, le petit groupe ne regrette pas l’expérience et les heures de sommeil perdues: "C’est super! Quand on est arrivés, je pense qu’on ne connaissait à peu près rien. Puis plein de gens sont venus nous aider. J’ai appris énormément en un week-end, alors que ça fait longtemps que j’essaie de me renseigner sur ce domaine, sans forcément trouver autant d’informations sur la pratique", se réjouit Garance, qui voudrait entamer des études de graphisme. De la bienveillance, de la coopération entre les équipes, plutôt qu’un esprit de compétition, c’est aussi ce que les organisateurs souhaitent mettre en avant. C'est sans doute pour cela qu'ils ont intitulé l'événement "Kiss your teacher".

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