Mons 2015 : Paul Verlaine revient à Mons

Le fameux pistolet avec lequel Verlaine a tiré sur Rimbaud
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Le fameux pistolet avec lequel Verlaine a tiré sur Rimbaud - © G. Santarelli

Quand on arrive devant le BAM, on ne peut pas rater le fourgon cellulaire qui se trouve juste devant l’entrée. Le ton de l’exposition est déjà donné, elle s’intéresse principalement au passage en Belgique du célèbre poète Verlaine et à son emprisonnement à Mons.

D’entrée de jeu, l’exposition étonne, on y découvre une photographie exceptionnelle de Verlaine quand il avait 20 ans, cela nous éloigne un peu du cliché de l’homme à la grande barbe et au costume trois pièces.

L’affaire de Bruxelles

Le cœur de l’exposition repose sur l’”affaire de Bruxelles”. Un soir, alors que Verlaine est un peu éméché, il tire à deux reprises sur son amant Rimbaud. Celui-ci ne portera pas plainte mais le juge condamnera Verlaine rapidement et sévèrement. Il s’avérera qu’il fut plus jugé pour son homosexualité que pour le fait d’avoir tiré sur son ami. On découvre les dépositions de Verlaine et Rimbaud faites à la police et plusieurs autres documents originaux du procès. Ce qui est touchant c’est de pouvoir lire les textes manuscrits écrits d’une petite écriture que s’échangeaient Verlaine et Rimbaud. L’objet symbolique de l’exposition est bien évidemment le revolver ayant servi pour blesser Rimbaud, c’est la première fois qu’il est exposé.

Une scénographie bien ficelée

La scénographie est très travaillée et propose une exposition moins rébarbative que ce que l’on pourrait imaginer quand on parle de poésie. Des vers de Verlaine écrits sur les murs nous guident dans l’exposition. On voit des poèmes s’envoler dans une pièce, et des photographies inédites. Un peu plus loin se trouvent plusieurs portes de l’ancienne prison de Mons. Elles forment un cercle dans lequel on peut entrer. On entend alors des textes de Verlaine déclamés par des comédiens. Cela anime la visite et nous donne l’envie d’écouter, de se plonger dans les textes de Verlaine.

L’exposition se veut aussi ludique, vers la fin de l’exposition, les murs sont recouverts de grands tableaux avec les poèmes de Verlaine écrits sur des aimants. Le visiteur peut les décrocher et modifier l’ordre des mots pour ainsi créer ses propres poèmes.

On quitte l’exposition avec de jolies phrases en tête mais aussi dans les mains, tout au long du parcours, des feuilles avec des poèmes sont disponibles pour le public.

Verlaine, un poète qui en a inspiré d’autres

A la fin de l’exposition, des canapés et lampes de chevets sont installés. On peut y lire l’un ou l’autre poème ou écouter un peu de musique. Une playlist est prévue et nous invite à deviner les artistes inspirés ou dans la même veine que Verlaine. Il y a notamment Gainsbourg qui est venu nous dire qu’il s’en allait et que les sanglots longs n’y pourront rien changer.

L’exposition met en valeur les textes de Verlaine et nous fait découvrir ou redécouvrir son oeuvre, en nous rappelant, que ses plus belles lignes ont été écrites à Mons. Elle nous permet de mieux comprendre la personne se cachant derrière la plume au travers d’un voyage au pays des mots et des vers.

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