Mons 2015: nous avons assisté à l'accrochage des oeuvres de Van Gogh

L'accrochage du "moissonneur", un dessin qui devrait dater de 1880 réalisé d'après Millet
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L'accrochage du "moissonneur", un dessin qui devrait dater de 1880 réalisé d'après Millet - © Guillaume Guilbert

Nous l’avons évoqué il y a peu, les trois premiers jours de cette semaine, un ballet de camions a livré sous haute surveillance les œuvres et documents prêtés par différents musées du monde pour évoquer les années passées par le maître néerlandais au cœur du Borinage.

A leur arrivée à l’intérieur du BAM, avant leur accrochage, les œuvres ont commencé par une nécessaire période d’acclimatation de 24 à 48 heures. Toutes les œuvres ont été emballées, transportées (par voie maritime ou aérienne) déballées et même accrochées par une société spécialisée.

Nous avons pu assister à la fébrilité des derniers préparatifs autour de la mise en place et de l’agencement des œuvres dans les différentes sections de l’exposition.

"Le moissonneur", un sujet, deux oeuvres

L'exposition permettra -entre autres- au visiteur de visualiser la progression de l’artiste par la simple juxtaposition de deux œuvres au sujet identique mais réalisées, à plus ou moins neuf ans d’intervalle, dans une approche technique différente.

Cette juxtaposition concerne deux œuvres qui proviennent de musées différents et assez éloignés géographiquement: chronologiquement, la première est un dessin qui représente le moissonneur à la faucille. Il devrait dater de 1880, est inspiré de Jean-François Millet et provient du Uehara Museum of Modern Art au Japon. La seconde est une peinture, le sujet est identique au précédent mais a été réalisé neuf ans plus tard. Il est conservé au Van Gogh Museum à Amsterdam.

A la vue de ces deux œuvres, l’évolution de l’artiste saute aux yeux: l’académisme un peu maladroit et la personnalité artistique encore peu affirmée du premier dessin se mue, dans la seconde œuvre, en un traitement nettement plus affirmé et moderne, où la patte de l’artiste, son interprétation, transparaît.

Une équipe de spécialistes

Au cœur des personnes présentes pour la mise en place il y a évidemment Sjaar Van Heugen, le Commissaire de l’exposition, mais également le représentant du Uehara Museum du Japon, venu "surveiller" l’installation et l’acclimatation du joyau prêté par le musée qu’il représente. Un dessin estimé à une valeur de plusieurs millions d’euros mérite, il est vrai, quelques attentions.

L’histoire de ce dessin mérite à elle seule que l’on s’y attarde puisqu’il date d’une période où Vincent Van Gogh a détruit l’ensemble de sa production. A Mons, quand l’idée de l’exposition autour de l’artiste s’est concrétisée, Sjaar Van Heugen a commencé à entreprendre des recherches sur la période de Vincent au Borinage.

Il a pu définir qu’un des seuls dessins de la "période Boraine" encore existant pouvait se trouver au Japon. Il s’est rendu sur place et a donc trouvé "le moissonneur" dans le petit musée de la ville de Shimoda où " les responsables du musée ont compris l’importance de notre projet " confie le Commissaire de l’exposition.

La suite de l’histoire est à contempler à partir du 25 janvier aux cimaises du BAM à Mons.

Vincent Clérin, Guillaume Guilbert

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