Molenbeek : Un professeur écarté après avoir montré une caricature de Mahomet jugée obscène

Molenbeek : Un professeur écarté après avoir montré une caricature de Mahomet jugée obscène
Molenbeek : Un professeur écarté après avoir montré une caricature de Mahomet jugée obscène - © Google Maps

Un professeur de l’école 11 "Aux sources de Gai Savoir" a été suspendu par le collège communal de Molenbeek pour avoir montré à ses élèves une caricature jugée "obscène" du prophète Mahomet, rapportent nos confrères de la DH. Cette caricature, qui aurait voyagé entre les bancs des écoliers, est signée Coco. Elle représente le prophète de l’Islam agenouillé, les fesses et les parties génitales à l’air.

L’écartement provisoire et la première audition de la procédure disciplinaire qui a été ouverte à son encontre ont eu lieu jeudi, a confirmé la bourgmestre Catherine Moureaux à l’agence de presse Belga.

C’est le caractère obscène de l’image, non les caricatures religieuses, qui est ici visé, a fortiori parce qu’elle a été montrée devant une classe de 5e année dont les enfants sont âgés de 10 ans. L’image en cause est signée par une dessinatrice du journal français Charlie Hebdo et intitulée "Une étoile est née". Elle montre le prophète Mahomet nu et à quatre pattes.

Selon la DH, l’enseignant a donné la possibilité aux enfants de regarder par terre. "Nous pensons – c’est quelque chose qui a été partagé par l’ensemble du Collège, par tous les membres – que le dessin qui a été montré est un dessin à caractère obscène qui ne devrait pas être présenté à des enfants de 10 ans", estime Catherine Moureaux. "Ce n’est donc pas le fait d’aborder le sujet des caricatures qui nous a posé problème, mais c’est le support choisi, qui est pour nous inadapté pour des enfants de 10 ans". Elle précise qu’il ne s’agit pas simplement de la nudité affichée, mais bien de l’obscénité de l’image.

La bourgmestre souligne qu’elle ne s’inscrit pas ici dans le débat sur le caractère blasphématoire des caricatures. "Alors qu’on vit un climat difficile sur ces questions, laisser à penser qu’on pourrait brider la liberté d’expression ou refuser les débats sur ce sujet serait dramatique", conclut Catherine Moureaux.

Un écartement critiqué

Cette suspension a très vite été commentée sur le réseau social Twitter par plusieurs personnalités politiques.

"A Molenbeek, ils licencient un enseignant parce qu’il ose montrer une caricature de Mahomet. Choquant", a tweeté Theo Francken (N-VA).

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