Molenbeek: la police de la zone Ouest a testé la bodycam

La bodycam sera-t-elle un jour utilisée par les policiers de la zone Bruxelles Ouest (Molenbeek, Jette, Ganshoren, Koekelberg, Berchem-Sainte-Agathe). En tout cas, un test y a été effectué fin 2016. C'est un biker, un agent à vélo, qui a pu porter ce dispositif pendant un mois. Verdict au terme de cette expérience: positif!

Concrètement, une bodycam est une petite caméra accrochée à la poitrine du policier. Son rôle premier est de filmer et d'enregistrer les interventions des agents des forces de l'ordre. Objectif second: permettre, a posteriori, de visionner les images et de confirmer si une interpellation a été réalisée dans les règles de l'art ou si elle est entachée d'irrégularités. Grâce à la vidéo, les bavures peuvent être authentifiées. Grâce à la vidéo, un membre des forces de l'ordre peut être disculpé en cas de soupçons.

Des images conservées pendant un mois

A la zone Ouest, où les policiers font souvent l'objet de plaintes, le test a permis de modifier le comportement des personnes lors des interventions. "Cela a permis de constater un changement de comportement des personnes abordées envers le policier muni d'une bodycam", indique Julie Mampuy, porte-parole de la zone de police. Comprenez: les contrôles ont pu se dérouler dans une plus grande sérénité.

La porte-parole précise par ailleurs que le modèle utilisé pendant le test permettait à la caméra de tourner en permanence (et non à la demande du policier). Le stockage des données est également possible pendant un mois, dans le cadre d'une enquête judiciaire.

"La zone Ouest souhaiterait acquérir des bodycams et équiper plusieurs de ses policiers", ajoute Julie Mampuy. "Mais il faut un accord budgétaire au niveau de la zone". Par ailleurs, des éclaircissements au niveau de la législation doivent pouvoir être fournies insiste la zone Ouest, même si l'Intérieur a déjà assoupli le cadre suite à une décision du gouvernement fédéral datant de juillet dernier.  

DéFi veut une généralisation des bodycams

Reste qu'au niveau politique, on souhaiterait aller plus rapidement. DéFI-Molenbeek envisage de déposer une motion au conseil communal pour demander la généralisation de la bodycam dans la zone de police. Pour Rachid Ben Salah, président des Jeunes DéFI à Molenbeek, "la bodycam permettrait de créer un lien de confiance entre les policiers et la population surtout au vu du contexte post-attentats. D'un côté, on ne peut pas jeter l'opprobre sur l'ensemble d'une profession, celle des policiers, qui font un métier pénible. De l'autre, on ne peut pas jeter l'opprobre sur l'ensemble des citoyens. La bodycam, c'est le moyen pour les uns et les autres de prouver qu'ils n'ont rien à se reprocher. La bodycam est effective auprès de plusieurs polices en France... Les retours y sont très positifs. Pourquoi ne pas le faire à Molenbeek? Aujourd'hui, cette commune fait l'objet de toutes les débats sur le radicalisme, la délinquance, les bavures. Il serait intéressant que cette commune soit perçue autrement."

DéFI ne propose pas que la bodycam. Les amarantes de Molenbeek veulent aussi l'instauration du récépissé. Il s'agit de la remise d'un document par la police à la ou les personnes contrôlées lors d'une intervention. Cela permet aux citoyens de connaître le nom du policier et les motifs du contrôle. Implicitement, le récépissé limite les contrôles au faciès. 

 

 

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