Molenbeek: la "logeuse" de Salah Abdeslam condamnée à verser 10 000 euros à la commune

Le 79 rue des Quatre-Vents à Molenbeek: Salah Abdeslam se cachait dans la cave.
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Le 79 rue des Quatre-Vents à Molenbeek: Salah Abdeslam se cachait dans la cave. - © DIRK WAEM - BELGA

Dans un jugement rendu 22 septembre dernier, la justice de paix a décidé de condamner Djemila M., la "logeuse" de Salah Abdeslam à verser 9 994 euros à la commune de Molenbeek: c'est ce qu'a appris la RTBF, qui a pu consulter le jugement. La justice confirme également le renon de bail signifié à Djemila M. par les autorités communales, après la découverte du terroriste dans la cave de son habitation située au 79 rue des Quatre-Vents. 

Contacté par la RTBF, le cabinet de l'échevin des Propriétés communales, Karim Majoros (Ecolo) s'est refusé à commenter cette décision. Décision qui s'apparente tout de même à une victoire. Depuis plus d'un an, Djemila M. et la commune sont engagés dans un véritable bras de fer. Tout a donc commencé après la mise au jour de la dernière cache de Salah Abdeslam, l'un des participants aux attentats de Paris le 13 novembre 2015. Le 18 mars 2016, les forces spéciales mènent l'assaut au 79 rue des Quatre Vents, un immeuble appartenant à la commune de Molenbeek. Le fugitif, en cavale depuis les attentats, y a été logé par Abid Aberkane, le fils de Djemila M..

Aux enquêteurs, cette dame âgée invalide, se déplaçant en chaise roulante, dira qu'elle ignorait tout de la présence de Salah Abdeslam dans sa cave. Reste que pour la commune de Molenbeek, Djemila M., locataire unique depuis 2009, n'a pas géré le bien "en bon père de famille". D'où la signification d'un renon, rapidement contesté en justice par Maître Eric Libert, l'avocat de Djemila M..

Dans son argumentaire, la commune a rappelé que Djemila M. n'avait pas à remettre ses clés à son fils, à l'insu du propriétaire. En tant que locataire, Djemila M. aurait également dû se tenir informée des allées et venues dans son appartement et dans sa cave: c'est un des points sur lesquels Molenbeek a insisté.

Pas d'expulsion sans relogement

La justice a abondé dans ce sens et estime que l'affaire a nui à la commune de Molenbeek. Elle condamne dès lors la locataire à rembourser à Molenbeek les frais de réparation des dégâts causés suite à l'intervention des forces spéciales, soit 9 994 euros. La rupture du contrat de bail est également validée. Les propriétés communales molenbeekoises ne pourront toutefois pas expulser Djemila M. sans proposer une solution de relogement, dans le public ou dans le privé, sur le territoire de Molenbeek ou ailleurs. Pour la justice de paix, il en va également de "l'image de la commune".

Nouvelle audience le 24 novembre

Une nouvelle audience a été programmée le 24 novembre prochain. Ce jour-là, les deux parties feront le point sur les conditions de relogement de Djemila M.. Si l'intéressée venait à refuser les solutions proposées par la commune, la justice pourrait imposer une expulsion d'office.

La RTBF n'est pas parvenue à entrer en contact avec l'avocat de Djemila M..

Rappelons enfin que Djemila M., en liberté, reste inculpée de recel de criminel.

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