Molenbeek: la bourgmestre Françoise Schepmans va porter plainte contre Geert Wilders et Filip Dewinter

Prévue le 3 novembre prochain, à quelques jours du deuxième anniversaire des attentats du 13 novembre à Paris, la venue du député néerlandais Geert Wilders et de Filip Dewinter à Molenbeek-Saint-Jean risque d'être fortement compromise. Annoncée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux par les deux leaders d'extrême-droite, cette visite baptisée "safari de l'islam", sera interdite par Françoise Schepmans (MR), la bourgmestre de la commune. Celle-ci explique à la RTBF qu'elle prendra toutes les dispositions pour empêcher le déplacement sur le territoire molenbeekois du leader du PVV néerlandais invité par l'un des chefs de file du Vlaams Belang.

Une visite interdite 

"Pour le moment, nous n'avons pas reçu de demande d'autorisation officielle d'un rassemblement ou d'un meeting sur notre territoire", explique Françoise Schepmans. "Mais si une demande venait à nous parvenir,  ce sera un non catégorique. Nous ne voulons pas que des militants d'extrême-droite puissent se réunir dans notre commune." De même, en cas de déplacement limité aux seuls Geert Wilders et Filip Dewinter et sans demande préalable, "la police de la zone prendra ses dispositions pour assurer la paix publique." En d'autres termes, les forces de l'ordre pourraient inviter les deux représentants d'extrême-droite à quitter la commune. 

Mais ce n'est pas tout. Lors de la prochaine réunion du collège des bourgmestre et échevins, celui-ci décidera de l'introduction d'une plainte contre Geert Wilders et Filip Dewinter pour atteinte à l'image de la commune.

"Safari de l'islam"

L'objectif du "safari de l'islam", selon ses deux organisateurs, est de dénoncer l'islamisation de Molenbeek et de Bruxelles. Récemment, Filip Dewinter a indiqué: "Heureusement, aux Pays-Bas, ce n'est pas allé aussi loin (qu'en Belgique) et c'est pourquoi Wilders a voulu voir de ses propres yeux la situation à Bruxelles. Je vais l'emmener à Molenbeek, qui ressemble plus entre-temps à une casbah au Maroc qu'à une ville européenne. Nous irons ensuite à la grande mosquée au parc du Cinquantenaire qui est aux mains de l'Arabie saoudite." Pour Filip Dewinter, Molenbeek est "l'épicentre du djihadisme en Europe."

Des propos inacceptables pour Françoise Schepmans: "La commune va déposer plainte à l'égard de ces personnes. Parler de "safari" et qualifier la commune de "capitale du djihad européen", cela constitue des propos insultants. C'est regrettable qu'il y ait ce type de communication de la part de ces individus pour se faire mousser et stigmatiser la commune."

Depuis l'annonce de cette visite, seul Sven Gatz (Open VLD), ministre flamand des Affaires bruxelloises avait réagi. Il a annoncé chez nos confrères de la VRT qu'il envisageait une rencontre avec Filip Dewinter en Geert Wilders afin de leur montrer un autre visage de Molenbeek, tout en dénonçant "un show électoraliste sur le dos d'autres personnes."

Un autre visage de Molenbeek

Un autre visage de Molenbeek, c'est ce que souhaite également promouvoir Françoise Schepmans. "Il faut rester digne. A Molenbeek, nous devons continuer à valoriser Molenbeek, dans toutes ses activités. Il y a suffisamment d'occasions pour mettre en avant les atouts de Molenbeek. Je suis contre ce rassemblement de l'extrême-droite mais je m'oppose également aux contre-manifestations qui ne sont pas nécessairement positives. Elles ne font que rajouter du stress et de l'opposition."

Le 3 octobre dernier, Catherine Moureaux, cheffe de file du PS de Molenbeek, exhortait la bourgmestre Schepmans à prendre les mesures nécessaires contre la visite commune Wilders/Dewinter.