Molenbeek : l'oeuvre en hommage aux victimes du 22 mars est-elle devenue une poubelle ?

L'oeuvre d'art installée devant la maison communale et trois poubelles foncées.
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L'oeuvre d'art installée devant la maison communale et trois poubelles foncées. - © RTBF

Des mégots de cigarettes, des emballages, des papiers, des mouchoirs… "La Flamme de l’espoir", du sculpteur marocain Moustapha Zoufri, est devenue une véritable poubelle, a pu constater la RTBF. Inaugurée en novembre 2016 sur la place communale de Molenbeek-Saint-Jean, l’oeuvre d’art dédiée aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles n’a plus du tout l’allure qu’elle avait au moment de son installation. Les autorités locales y prêtent-elles encore attention? En tout cas, trois bacs foncés destinés à recueillir des détritus ont été installés devant la sculpture. Depuis quand ? Au moins depuis ce week-end.

Laisser cette sculpture dans cet état me fait mal

Moustapha Zoufri, l’artiste marocain, est au courant de la situation dans laquelle sa sculpture, qui s’illumine le soir venu, se trouve aujourd’hui. "On m’a plusieurs fois rapporté ces faits de malpropreté", nous explique-t-il. "Laisser cette sculpture dans cet état me fait mal. Cela me dérange surtout par rapport à l’événement pour laquelle elle a été dédiée. Ce n’est pas rien." La flamme symbolise, dit l’artiste, "la lumière et s’oppose à l’obscurantisme de la barbarie".

Le jeudi est jour de marché hebdomadaire sur la place. Le dimanche, les ambulants sont à Comte de Flandre. Des incivilités sont donc possibles. Reste qu’on "ne peut pas dire : on n’a pas vu. Pour les déchets qui sont dedans, il suffirait d’un aspirateur pour les ramasser. Ou d’une pince." Autre solution, selon lui, un déplacement. "A la base, la stèle devait être installée à Comte de Flandre, devant le nouveau bâtiment communal", dédié au service Population. Y serait-elle moins souillée ? Difficile à dire, vu le nombre de passages.

Ce n’est en aucun cas un endroit à dépôts !

En tout état de cause, les autorités communales semblent également interpellées. Tout d’abord concernant les trois petits containers, leur retrait a eu lieu ce lundi matin, nous signale Gloria Garcia Fernandez (MR), échevine de la Propreté. Ce ne sont pas des bacs gérés par la commune "mais ceux d’un snack tout proche. Le gérant de ce snack a un contrat avec l’agence Bruxelles Propreté. Comme Bruxelles Propreté n’est pas passé les prendre et qu’il a une terrasse, il a décidé de déplacer ces bacs un peu plus loin pour ne pas déranger ses clients." Problème : ils ont été glissés jusqu’au pied de la stèle. Mauvais choix!

"Il est évident que ces containers ne doivent en aucun cas être là", tranche tout de suite l’échevine. "A mon sens, le gérant n’a pas fait attention et n’est pas de mauvaise foi. Il n’a pas pensé mal faire." Demande a donc été faite pour les déplacer : le gérant s’est exécuté.

Quant aux détritus qui inondent l’intérieur de la sculpture, "nous y travaillons. Nous avons été interpellés en ce sens. Le problème est connu des services. Un nettoyage doit être réalisé, régulièrement. Mais on ne peut pas procéder n’importe comment." Pourquoi ? Il ne faudrait pas endommager la sculpture. Une méthode devrait être mise sur pied d’ici peu, promet l'échevine.

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