Molenbeek-Anderlecht: deux camps de Roms, deux traitements

Molenbeek-Anderlecht: deux camps de Roms, deux traitements
Molenbeek-Anderlecht: deux camps de Roms, deux traitements - © Tous droits réservés

Les uns occupent depuis deux ans le chantier de la Porte de Ninove, à Molenbeek, les autres sont installés depuis dix jours rue Prévinaire, à Anderlecht. Si dans le premier cas, tout se passe relativement bien jusqu'ici, le deuxième cas est plus compliqué. Après avoir été expulsés d'un autre terrain qu'ils occupaient, rue Dante, les Roms installés rue Prévinaire vont, une nouvelle fois, être expulsés par la commune d'Anderlecht.

"Pas de conditions sanitaires suffisantes" à Anderlecht

Selon le discours officiel de la commune, donné par le bourgmestre faisant fonction Alain Kestemont, la raison de cette expulsion est sanitaire. "Les conditions sanitaires dont dispose la communauté sont insuffisantes: c'est un terrain qui ne comporte ni eau potable ni électricité", explique Alain Kestemont. Le terrain appartient à la Région Bruxelloise, qui prévoit d'y installer des logements dans un futur proche. CityDev, l'agence chargée de développer ces logements, aurait demandé à la commune de démanteler le camp.

Autre raison possible: le voisinage. Plusieurs plaintes ont été déposées par les voisins contre cette communauté d'une trentaine de Roms, dont 12 enfants, poussant sans doute la commune à agir pour répondre aux plaintes des riverains. L'expulsion est cependant temporairement suspendue: une petite fille de la communauté est pour l'instant malade. La commune attend qu'elle soit rétablie pour rendre l'expulsion effective.

Malgré l'expulsion, la commune d'Anderlecht précise qu'un suivi social a bien été effectué, à la fois par le CPAS qui s'est rendu sur place, et par le service communal de la Prévention pour l'accompagnement. Par ailleurs, un suivi sanitaire a également été réalisé et des vaccins ont été administrés à tous les membres de la communauté. 

À Molenbeek, les Roms peuvent rester

À quelques centaines de mètres de la rue Prévinaire, on passe déjà dans une autre commune: Molenbeek. Là, un campement d'une dizaine de famille Roms, dont une vingtaine d'enfants, a élu domicile sur un triangle d'herbe entre la Chaussée de Ninove et le Boulevard Barthélémy. Fermé par des tôles de métal, le lieu paraît très propre vu de l'extérieur. À tel point que le campement passe presque inaperçu: certains riverains ne l'ont jamais remarqué, alors qu'il est installé depuis deux ans. Ici, pas de problèmes avec le voisinage donc. 

Sur ce campement molenbeekois, les Roms déplorent les conditions dans lesquelles ils doivent vivre, mais ils préfèrent rester, heureux de ne pas recevoir d'avis d'expulsion. La commune a d'ailleurs décidé de les aider: "Nous, on prend l'autre posture. On a des gens qui sont pour l'instant dans une situation difficile, donc on met en place un accompagnement", explique Amat Gjanaj, bourgmestre faisant fonction de Molenbeek. Le CPAS molenbeekois est venu sur le campement, tout comme l'ASBL MolenRom, pour aider les Roms dans leurs démarches administratives, l'obtention de papiers...

Distants d'à peine quelques centaines de mètres, les deux camps reçoivent donc un traitement bien différent.  

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