Moins de plaisanciers sur les cours d'eau wallons

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Le trafic des bateaux de plaisance est en baisse sur les cours d'eau wallons. Et les habitudes des plaisanciers changent : ils voyagent moins et restent plus longtemps amarrés au même endroit.

Les statistiques de la direction générale des voies hydrauliques sont claires : les bateaux de plaisance étaient moins nombreux sur les cours d'eau wallons en 2008. La grosse majorité des écluses font le même constat. Le nombre de hollandais qui voyagent sur nos cours d'eau a enregistré une baisse conséquente. 

Même sentiment dans certains ports de plaisance

A Jambes, le port de plaisance Henri Hallet est très bien situé, au pied de la citadelle de Namur. Pourtant, le nombre de plaisanciers de passage a diminué en 2008. « Il a diminué d'environ 10 à 15 % , explique le capitaine du port, Jean-Luc Delaby. C'est clair, il y a une baisse du nombre de plaisanciers, et même dans un port qui marche vraiment bien, comme le port d'Amée, où on avait enregistré une hausse de fréquentation les deux dernières années, même là, il y a une stabilisation. Quand il y a une baisse générale du nombre de bateaux de plaisance, on doit s'attendre à ce que ça se répercute évidemment partout. »

Pour Jean-Luc Delaby, il y a deux causes à cette baisse de la fréquentation dans les ports de passage comme celui de Jambes. « Premièrement, il y a le problème du gasoil : depuis deux ans, les bateaux de plaisance ne peuvent plus, comme les bateaux commerciaux, naviguer au gasoil de chauffage. Ils doivent acheter du diesel routier, et évidemment, ça coûte plus cher. Deuxièmement la population de plaisanciers vieillit, et se déplace moins. »

Certains plaisanciers se servent des ports wallons comme d'un parking

Au port de plaisance d'Anseremme, près de Dinant, on a décidé de limiter la durée du séjour des bateaux à maximum 15 jours. « Ce n'était plus gérable. Quand les bateaux restent un, deux, voire trois mois et que les propriétaires ne sont pas à bord, ça bloque les ports ». Jean-Claude Boereboom, capitaine de port, déplore ce que font certains touristes hollandais par exemple : « Ils sous-louent leur emplacement aux Pays-Bas, et viennent mettre leur bateau ici, parce que l'emplacement coûte moins cher. Le port devient une sorte de parking. »

Quant au taux de fréquentation du port, à Anseremme, il n'a que sensiblement changé. « On remarque quand même qu'il y a un peu moins de passage ».

Le capitaine des ports de plaisance de Jambes et d'Amée, reste malgré tout confiant. « Dans les années à venir, les voyages lointains vont coûter de plus en plus cher, et on reviendra au tourisme de plaisance. Un loueur de bateaux du Sud de la France nous a dit que la saison 2009 s'annonçait exceptionnelle. Cela signifie qu'il existe une demande pour ce type de tourisme. Mais il y aura une évolution, c'est évident: peut-être que les gens ne seront plus aussi systématiquement propriétaires de leur bateau ».

(O. Leherte)

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