Mohamed El Mjaidri nie beaucoup de faits devant les Assises du Hainaut

Mohamed El Mjaidri sur le banc des accusés à la Cour d'Assises du Hainaut
Mohamed El Mjaidri sur le banc des accusés à la Cour d'Assises du Hainaut - © Belga - Virginie Lefour

Le procès de Mohamed EL Mjaidri, 46 ans, a débuté ce lundi matin à Mons. L’homme est accusé d'avoir tué sa compagne, Charlotte Renard, le 3 mars 2013 à Jumet. La Cour d'Assises est présidée par Olivier Delmarche. L'accusé est défendu par Me Michel Bouchat. Le jury est composé de sept hommes, de cinq femmes et de deux jurés suppléants. La famille de la victime s'est constituée partie civile.

La jeune femme de 22 ans avait reçu pas moins de 17 coups de couteau à son domicile de Jumet près de Charleroi. L’homme s’était ensuite enfui et avait laissé les deux petits enfants du couple, âgés de trois ans et un an, une nuit complète à côté du corps de leur mère décédée avant qu'on ne les découvre.

Mohamed El Mjaidri avait été rapidement suspecté du meurtre et sa fille aînée l'avait désigné comme l'auteur des coups mortels. Il avait été arrêté quelques heures plus tard à Charleroi.

Serviable et gentil à l'égard de sa compagne, l'accusé avait été bien accepté dans la famille de la victime. Mais la lune de miel a duré peu de temps. "Irresponsable, buveur et paresseux", comme l'a qualifié l'avocat général M. Dujardin dans son acte d'accusation, Mohamed El Mjaidri était aussi un toxicomane qui avait caché ses lourds antécédents judiciaires à la victime et à ses proches. Il avait notamment été condamné, en Espagne à la fin des années 1990, à 18 ans de prison pour viol.

Charlotte Renard, qui tentait de gérer au mieux les faibles revenus du couple, avait choisi de se séparer de Mohamed, qui l'avait menacée de mort car elle avait déjà envisagé de le quitter. "Si elle lui avait clairement signifié qu'elle ne l'aimait plus et que c'était irrémédiablement la fin de leur couple, elle avait néanmoins négocié, semble-t-il, un accord , tant elle que l'accusé souhaitant que les choses se passent en douceur dans l'intérêt des enfants", a noté l'avocat général.

La victime avait rencontré un autre homme et avait repris des études. Elle avait demandé à Mohamed, qui dormait depuis trois semaines dans la rue, de garder leurs enfants durant ses cours. Elle l'avait convoqué chez elle le 3 mars 2013 et Mohamed était arrivé vers 17h. La conversation aurait duré une quart d'heure. Mohamed, qui n'a pas supporté qu'elle menace d'appeler la police, s'est saisi d'un couteau à steak et a frappé dix-sept fois. "On relèvera cependant que pour quelqu'un qui se déclare en état de choc, il avait néanmoins pris la peine de rincer soigneusement l'arme du crime, de se laver les mains et de refermer la porte de l'appartement comme s'il ne voulait pas que l'on entende pleurer les fillettes", ajoute l'avocat général.

L'accusé n'était pas sous influence de l'alcool quand il a été interpellé. Néanmoins, les analyses pratiquées sur les échantillons prélevés ont mis en évidence la présence d'un taux supérieur aux taux usuels dans le sang de benzoylecgonine, qui est la métabolite de la cocaïne. Des métabolites de cannabis ont également été découverts dans le sang et l'urine.

Devant la Cour, l'accusé nie beaucoup de faits

interrogé durant de longues minutes par le président de la Cour d'Assises du Hainaut, l'accusé a reconnu être l'auteur des coups de couteau mortels mais a tenté de normaliser sa relation avec la victime. "Je l'aime toujours", "je ne l'ai jamais frappée", "je ne l'ai jamais menacée de mort", a commenté l'accusé, qui nie aussi être alcoolique et toxicomane. "Je prenais de la cocaïne depuis quelques jours pour rester éveillé la nuit car je vivais dans la rue". Au sujet du cannabis, il dit fumer "de temps en temps" et boire "comme tout le monde". Mohamed El Mjaidri nie aussi avoir été jaloux et violent avec sa jeune compagne : "Je ne l'ai jamais frappée et pourquoi serais-je jaloux ? J'ai fait deux bébés et je suis un homme normal", dit-il. Il ignorait que sa compagne avait rencontré un autre homme.

RTBF avec Belga

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