Milad Doueihi, docteur honoris causa de l'UCL : "n'ayons pas peur de l'intelligence artificielle"

Milad Doueihi, titulaire de la chaire d'Humanisme numérique à l'université Paris-Sorbonne
Milad Doueihi, titulaire de la chaire d'Humanisme numérique à l'université Paris-Sorbonne - © UCL

L'Université catholique de Louvain-la-Neuve a décerné trois nouveaux titres de docteur honoris causa ce lundi 5 février. Les personnalités qui rejoignent ainsi la communauté scientifique de l'UCL sont l'américaine Mitchell Baker, présidente de la Mozilla Foundation, qui milite pour un accès libre aux données sur internet, l'indien Anant Agarwal, professeur au MIT, un des pionniers des Moocs, les cours universitaires en ligne, et le libano-américain Milad Doueihi, titulaire d'une chaire à l'Université de Paris-Sorbonne consacrée à l'humanisme numérique.

C'est justement l'avènement de la culture numérique qui relie ces trois personnalités. "Car il s'agit bien d'une culture, et non d'une simple technique, a commenté Milad Doueihi. Le numérique transforme en profondeur nos identités et le lien social. La sphère de la vie privée, par exemple, a changé. Les réseaux sociaux nous incitent à partager assez largement des facettes de notre identité qui naguère restaient dans une sphère plus intime."

Milad Doueihi observe aussi l'émergence d'une "identité polyphonique", dans la mesure où elle prend des formes variables selon la zone numérique dans laquelle elle s'exprime. Vous n'êtes pas sur Facebook la même personne que sur Instagram, Twitter, Snapchat ou LinkedIn. Sans parler de la personne que vous êtes à la maison...

Quant à l'émergence de l'intelligence artificielle et son utilisation de plus en plus généralisée dans notre vie quotidienne, Milad Doueihi refuse de jouer les Cassandre : "Je ne crois pas à un conflit entre l'intelligence artificielle et l'être humain. En d'autres termes, je ne penses pas que les machines vont "prendre le pouvoir", contrairement à ce que certains films hollywoodiens voudraient nous faire croire. Curieusement les pères de l'informatique, notamment Norbert Wiener, nous avaient pourtant mis en garde contre ces peurs irrationnelles. Par contre, nous devons absolument réfléchir aux questions éthiques et politiques que soulèvent ces progrès techniques. Je pense par exemple à l'utilisation de robots dans les maisons de retraite ou les voitures autonomes."

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