Migrants en transit: les collectifs citoyens interpellent la Wallonie

Migrants en transit: les collectifs citoyens interpellent la Wallonie
Migrants en transit: les collectifs citoyens interpellent la Wallonie - © Belga

Ils survivent dans des camps de fortune, épuisés par l’exil, tenaillés par la peur d’être renvoyés à leur point de départ. Depuis de nombreux mois, des centaines de migrants dits "en transit" attendent patiemment sur le territoire belge qu’une opportunité se présente à eux. Leur objectif : embarquer sur un camion et entamer une nouvelle vie de l’autre côté de la Manche. Alors qu'une rencontre est prévue avec le gouvernement wallon, les collectifs citoyens de Wallonie ont fait les comptes : depuis le début de cette crise, plus de 900 migrants ont reçu une forme d'aide  hébergement, repas, accompagnement administratif ou juridique  et plus de 1700 citoyens se sont mobilisés au travers d'une vingtaine de collectifs. 

"Leurs conditions de vie sont catastrophiques ", déplore André Van Kerrebroeck du collectif de La Bruyère (Province de Namur). "Ils rencontrent des problèmes de logement, de sanitaires, d'accès à l'eau potable et à la nourriture. Ils n'ont pas accès non plus à des soins médicaux ou à un soutien psychologique. Il ne faut pas oublier que ces personnes, que ce soit en Méditerranée ou dans les camps libyens, ont traversé des situations lors desquelles leurs vies ont été mises en danger, et certaines arrivent chez nous complètement déstructurées au niveau de leur mental".

Se rassembler pour mieux se faire entendre 

Répartis aux quatre coins de la région wallonne, surtout autour des axes formés par les autoroutes E411 et E42, ces collectifs sont restés pendant longtemps isolés, travaillant chacun avec leurs réalités locales. "Certains collectifs peuvent s'appuyer sur des dizaines de bénévoles, d'autres sur une poignée seulement", précise André Van Kerrebroeck, "certains peuvent aussi compter sur l'appui des autorités communales alors que d'autres bourgmestres se montrent plus hostiles envers les migrants".

Conscients qu'ils partagent, au-delà de leurs contraintes propres, de nombreux points communs et rencontrent les mêmes difficultés, ces collectifs wallons ont décidé de dépasser leurs clivages et d'échanger leurs expériences. "Nous avons organisé deux réunions, ça nous a permis de mieux nous connaitre. On ne sait pas toujours dans quel cadre on se trouve, quelles sont les limites de la légalité, et ça a fait beaucoup de bien aux bénévoles de voir qu'ils ne sont pas seuls face à ces questions". 

Trois priorités pour le gouvernement wallon

S'ils essayent aujourd'hui de parler d'une seule voix, c'est pour peser davantage dans le débat autour de la question migratoire et mieux se faire entendre des politiques, quel que soit leur niveau de pouvoir. "Nous avons identifié trois priorités que nous allons présenter au gouvernement wallon", avance M. Van Kerrebroeck, "tout d'abord, faire en sorte que les droits fondamentaux de ces personnes soient respectés, ça pourrait être par exemple un bus médical itinérant. On s'est aussi rendu compte que certains CPAS étaient plus réticents que d'autres, la deuxième priorité, c'est donc de développer les synergies entre CPAS, communes et Provinces. Enfin, troisième priorité, c'est que la Wallonie porte ces revendications aux niveaux fédéral et européen". 

Ces trois priorités identifiées par les collectifs citoyens de Wallonie feront l'objet d'une rencontre ce mardi 14 janvier 2020 avec la ministre en charge notamment de la Santé, de l'Action sociale et de l'Égalité des chances Christie Morreale (PS) ainsi qu'avec le ministre wallon en charge du Logement et des Pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne (PS). 

 

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