Migrants à Bruxelles : " l'activité du gouvernement crée cette jungle "

Le ministre de l'intérieur annonce de nouvelles actions policières dans les prochains jours
Le ministre de l'intérieur annonce de nouvelles actions policières dans les prochains jours - © RTBF

Y-a-il une augmentation significative du nombre de migrants à Bruxelles, singulièrement autour de la gare du Nord et du parc Maximilien ? Le ministre de l'intérieur Jan Jambon le prétend et avance des chiffres de la police des chemins de fer. Elle aurait recensé 600 migrants mardi dernier lors de la distribution des repas contre 100 à la mi-novembre. Pour éviter une jungle comme à Calais, dit le ministre, de nouvelles interventions policières auront lieu dans les prochains jours. Sur le terrain, bénévoles et associations crient à la désinformation.

Nabil Moujahid est bénévole. Il coordonne la distribution des repas presque chaque soir à la gare du Nord. Lui n'a vu aucune arrivée massive de migrants ces dernières semaines. " J’ai une moyenne de de 350 à 400 repas par soir. Mais il faut savoir que ce n’est pas forcément pour 400 personnes. Certains se resservent plusieurs fois. En plus, il faut compter dans ce nombre, les SDF, les sans-papiers qui viennent du Maghreb etc.  Donc jamais on arrive au chiffre avancé par Jambon ".

Médecin du Monde confirme. Le nombre de migrants est plutôt stable. Et l’ONG ajoute que contrairement à ce que dit le ministre, la suspension des rapatriements vers le Soudan n'a pas créé d'appel d'air. " Chez nous, le nombre de Soudanais a même diminué. On voit par contre une arrivée plus significative d’Ethiopiens. Donc ça n’a absolument rien à voir " précise Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du Monde.  

Stratégie politique

Pour l’ONG, les objectifs de Jan Jambon sont en contradiction avec sa politique. " C’est le ministre Jambon qui organise cette jungle puisqu’il laisse les gens dans la rue. Alors que nous faisons des propositions très concrètes depuis des mois qui permettent à la fois la protection humaine de ces personnes. Et en même temps le contrôle par l’état. Et ce justement pour éviter une jungle comme à Calais. Or pour l’instant l’activité du gouvernement crée cette jungle ".

Tout cela ne serait rien d’autre qu’une stratégie politique selon Pierre Verbeeren. " Je pense que le gouvernement veut garder sur un tout petit chiffre, c’est-à-dire 400-500 personnes ou autrement dit 2 à 3 pour-cent de la demande d’asile annuelle. Il veut garder la possibilité d’avoir un problème migratoire pour continuer à en parler, pour continuer à augmenter sa notoriété sur cette question. Bref, le gouvernement ne veut pas de solution pour pouvoir communiquer en permanence sur ces problèmes liées à la migration ".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK