Meurtre de Quevy : le mari, inculpé, nie et nous accorde une interview avant son arrestation

Trois mois après les faits, Frédéric Lepoint a à nouveau été entendu jeudi dernier et a été inculpé pour homicide volontaire.
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Trois mois après les faits, Frédéric Lepoint a à nouveau été entendu jeudi dernier et a été inculpé pour homicide volontaire. - © Flickr - Bekhah

Rebondissement dans l’affaire du meurtre de Quevy, près de Mons. L’affaire remonte au 4 décembre 2014. Ce matin-là, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée morte, étouffée dans sa chambre, par des voisins interpellés de voir la porte de la maison ouverte en pleine journée. Le mari lui est découvert, à demi inconscient, au rez-de-chaussée du domicile.

Le mari, retenu 48H00, a été libéré dans un premier temps. Son témoignage évoque alors la présence de trois individus dans la maison cette nuit-là. Frédéric Lepoint explique qu'il est descendu se servir à boire. Qu'il a été intrigué par la présence d'un véhicule garé devant chez lui, qu'il a ouvert la porte et qu'un homme serait alors rentré, le menaçant. L'homme en question a ensuite ouvert à deux autres personnes qui sont rentrées par l'arrière de la maison, toujours selon le témoignage du mari. Le vol ne semblait pas être le mobile des trois hommes.

Trois mois après les faits, Frédéric Lepoint a à nouveau été entendu jeudi dernier et a été inculpé pour homicide volontaire. Il séjourne en ce moment à la prison de Mons. Quelques jours avant son arrestation, Frédéric Lepoint, s’était adressé à nous pour expliquer qu’il était d’abord une victime dans cette affaire : "Je suis une victime, mais je ne suis pas la seule victime. Les enfants (une fille, un fils qui ne vivent pas dans la maison) sont aussi des victimes. Vous m’avez demandé si on m’avait volé quelque chose. Oui, on m’a volé mon épouse, la mère de mes enfants et je pense que c’est déjà conséquent. Déjà une perte naturelle, c’est quelque chose, mais une perte dans ces circonstances, c’est encore autre chose. Ce n’est pas facile à admettre. Et puis il y a le massacre médiatique et cette destruction psychologique de la police. Ce n’est pas quelque chose de très positif. Ça n’aide pas à supporter la situation. C’est effectivement très difficile. C’est pour cela que je voulais exprimer les choses et dire : arrêtez de dire n’importe quoi, essayez de comprendre, d’avoir un peu de respect sur la situation et sur ce qui s’est passé. Attendez l’enquête et surtout la contre-enquête, si nécessaire, parce que- encore une fois-, je n’ai rien à me reprocher dans tout cela, dans tout ce qui s’est passé."

Victime des réseaux sociaux

Fréderic Lepoint se dit aussi victime des médias, des réseaux sociaux et d’une enquête menée uniquement à charge : "La tournure des événements, de l’enquête, des interrogatoires et des entretiens. Tout à l’air de tourner dans ce sens-là. La police dit qu’elle ne va pas chercher des indices à l’extérieur mais qu’elle va exploiter des indices qu’elle peut découvrir. Et manifestement, les enquêteurs ne sont pas beaucoup en quête d’indices pour l’instant. J’ai franchement l’impression que tout tourne autour de moi et ça ne peut qu’être exaspérant, parce que pendant ce temps-là, trois personnes sont toujours bien tranquilles et ça c’est un peu exaspérant".

Frédéric Lepoint savait pertinemment qu’il serait inculpé dans cette affaire. Aujourd'hui encore, par la voix de son avocat, Quentin Dufrasne, il nie les faits qui lui sont reprochés. Il passera mardi en chambre du conseil.

Manu Delporte

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