Meurtre au parc Georges-Henri: dessaisissement prononcé pour 1 des 2 jeunes

La cour d’appel de Bruxelles doit se prononcer sur le dossier ce lundi.
La cour d’appel de Bruxelles doit se prononcer sur le dossier ce lundi. - © Flickr – isamiga76

Le meurtrier présumé de Kévin Marichal ne serra finalement pas jugé par le tribunal de la Jeunesse. La cour d'appel de Bruxelles devait rendre son prononcé ce lundi. Elle l'a fait dans le sens du dessaisissement du tribunal de Jeunesse, au profit d’une juridiction pénale.

Un soir de janvier 2011, Kévin Marichal (29 ans) reçoit 41 coups de couteau dans le parc Georges-Henri, à Woluwé-Saint-Lambert. Deux mineurs sont accusés du meurtre.

Le tribunal de la Jeunesse a considéré que l'un d'eux devait être jugé en cour d'assises; l'autre (Viktor P.), avait écopé de travaux d'intérêt généraux, par le tribunal de la Jeunesse.

Les parties civiles, suivies du parquet, ont fait appel de cette décision. C'était donc à la cour d'appel de décider si le jeune homme, mineur au moment des faits, devait être jugé devant une cour d'assises ou si son dossier doit bien être traité par un juge de la jeunesse. Il sera donc bel et bien renvoyé devant une juridiction pour adultes.

L'enjeu, c'est donc le dessaisissement du tribunal de la Jeunesse

Lorsqu'un jeune délinquant a plus de 16 ans, le tribunal de la Jeunesse peut décider qu'il doit être jugé devant une juridiction pénale. Une question qui touche tout particulièrement Bruxelles. En 2011, 7 dessaisissements sur 10 ont eu lieu à Bruxelles.

71 jeunes ont été dessaisis dans la capitale, contre 25 en Wallonie. Ces chiffres ont été récoltés par Bernard Devos, délégué général aux Droits de l'Enfant. "Je ne peux pas interpréter autrement que, à Bruxelles, une série de magistrats assis et debout sont plutôt tentés pour une formule qui, pourtant, tarde à faire ses preuves."

Des dizaines de mineurs sont donc jugés, chaque année, devant des juridictions pénales bruxelloises.

La question est alors pourquoi, pour quels motifs, pour quelles infractions ces jeunes sont-ils dessaisis ? "Il y a des raisons graves mais celles-ci sont pratiquement anecdotiques par rapport à l’ensemble des motifs. Par exemple des vols répétés (avec ou sans violence). Donc, l’image du jeune dessaisi, grand délinquant, assassin-meurtrier, est tout à fait non conforme à la réalité", estime Bernard Devos.

Une fois dessaisis, les adolescents restent dans un centre fermé fédéral, dans l'attente de leur procès.

Sachez qu’un rapport complet sur le sujet a été rédigé par le délégué général aux Droits de l'Enfant.

Il est consultable sur le site www.dgde.cfwb.be

Barbara Boulet

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