Menace de licenciements: des dissensions parmi les travailleurs d'ArcelorMittal

L'auteur de la lettre travaille au département communication. Son emploi doit disparaître. Elle a voté "non" à la poursuite des actions syndicales. Comme une courte majorité de ses collègues employés. Elle estime que les syndicats n'ont pas tenu compte de leur vote. "On se sent manipulés par les délégations syndicales" explique Isabelle Salmon. "Et finalement, l'accord proposé par la direction est tout à fait acceptable".

A Marchin, des travailleurs ont fabriqué des affichettes contre l'intransigeance syndicale: "Mittal nous offrait un bol de riz, finalement, on va avoir le bol sans le riz" témoigne l'un d'eux.

Pour les délégations ouvrières, ces initiatives sont isolées ou même manipulées par la direction. "Je pense qu'ici, c'est plus la direction qui essaye de manipuler, de diviser, que de réellement travailler pour obtenir quelque chose pour le bassin" souligne Robert Rouzeeuw FGTB. "Il y a eu une assemblée générale lundi passé où les travailleurs se sont exprimés quasi à l'unanimité. De notre côté, c'est toujours non" poursuit David Camerini, CSC.

Face à ce "non", la direction n'a pas encore envoyé les C4, mais elle souligne que selon les textes, elle a désormais le droit de le faire. Les syndicats attendent eux une avancée de la part du patron. Mais ArcelorMittal gère plusieurs crises sociales en même temps en Europe. S'il reste inflexible, c'est que céder aux Liégeois encouragerait les autres bassins au combat.

 

F. Braibant

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